{"id":307,"date":"2016-04-17T00:00:00","date_gmt":"2016-04-16T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/neuf-de-mars-p867468\/"},"modified":"2016-04-17T00:00:00","modified_gmt":"2016-04-16T22:00:00","slug":"neuf-de-mars-p867468","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/neuf-de-mars-p867468\/","title":{"rendered":"Neuf de Mars."},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: times new roman,times;\"><br \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"CtreTexte\" src=\"..\/ekladata.com\/JkncGzWRGRVTgIA2QEX5legvj7o@69x54.jpg\" width=\"69\" height=\"54\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Souvent la l&eacute;gende recouvre le n&eacute;ant,<\/em><\/span><\/strong><\/span><br \/> <span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>parfois elle n&rsquo;est qu&rsquo;un tr&egrave;s p&acirc;le reflet de la r&eacute;alit&eacute;.<\/em><\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p> <span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Philippe Soupault<\/span><\/span><\/strong><\/span><br \/> <span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Les Derni&egrave;res Nuits de Paris.<\/span><\/span><\/strong><\/span><\/div>\n<p><span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong><\/p>\n<p> <span style=\"font-size: 14pt;\">&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voici &agrave; pr&eacute;sent un peu plus de quatorze mois qu&rsquo;un cr&acirc;ne humain nomm&eacute; Gertrude est en ligne sur Internet.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude appara&icirc;t ainsi sur un blog, <em>Le Blog de Gertrude<\/em>, qui au fil du temps est devenu triple avec <em>Le Blog de Gertrude rose<\/em>, puis <em>Le Blog de Gertrude noire.<\/em><\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette exp&eacute;rience repr&eacute;sente une &eacute;tape dans ma pratique plastique, aventure, quant &agrave; elle, commenc&eacute;e il y a une trentaine d&rsquo;ann&eacute;es.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;origine du &laquo; face &agrave; face &raquo; avec Gertrude trouve s&ucirc;rement ses racines dans mon histoire personnelle dont je livre quelques bribes dans le texte <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #000000;\"><em><a href=\"http:\/\/gertruderosecelavi.over-blog.com\/pages\/Peindre_des_coquillages-657809.html\">Peindre des coquillages<\/a><\/em><\/span><\/span>. Gertrude y a sa place parmi les coquilles trouv&eacute;es sur mon chemin.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;aventure de Gertrude commence v&eacute;ritablement &agrave; une p&eacute;riode, o&ugrave; une voie se pr&eacute;cise dans le magma de ma pratique, ouvrant d&eacute;finitivement cette derni&egrave;re &agrave; son absolue n&eacute;cessit&eacute;. Gertrude surgit &agrave; ce moment-l&agrave;, sans v&eacute;ritable hasard. J&rsquo;&eacute;voque cet &eacute;pisode de mon existence dans le texte <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #000000;\"><em><a href=\"..\/collision-initiale-p867436\/\">Collision initiale.<\/a><\/em><\/span><\/span><br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude est pr&eacute;sente depuis, mais s&rsquo;impose dans mon activit&eacute; de fa&ccedil;on quasi exclusive depuis quatre ans.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; De mod&egrave;le occasionnel, elle devient centre de mon int&eacute;r&ecirc;t plasticien dans la mise en &oelig;uvre de dispositifs de plus en plus complexes, pour enfin aboutir &agrave; sa mise en ligne. Ce dernier acte survient ainsi, dans une logique de sophistication de sa monstration. Je raconte l&rsquo;&eacute;volution de ma relation au cr&acirc;ne Gertrude, le passage &agrave; Internet, et les tumultueux premiers mois du site de Gertrude, peu &agrave; peu devenu triple, dans le texte <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #000000;\"><em><a href=\"..\/la-verite-en-gertrude-p941516\/\">La V&eacute;rit&eacute; en Gertrude<\/a><\/em><\/span><\/span>.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Il ne s&rsquo;agit pas pour moi de redire dans ce nouveau texte ce qui a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; &eacute;crit, mais de jeter un regard plus distanci&eacute; sur le chemin qui m&rsquo;a amen&eacute;e ici.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je reprends ainsi la plume dans l&rsquo;interrogation, qui de plus en plus m&rsquo;habite, sur la n&eacute;cessit&eacute; ou pas de poursuivre l&rsquo;exp&eacute;rience Internet de Gertrude, sur les finalit&eacute;s et limites de cette derni&egrave;re, sur mes desseins avou&eacute;s et inavouables de continuer le voyage et les raisons de plus en plus floues qui me font repousser l&rsquo;instant fatidique o&ugrave; j&rsquo;appuierai sur le bouton de d&eacute;connexion.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; &Eacute;videmment, cette fuite en avant &agrave; laquelle je m&rsquo;abandonne, non sans d&eacute;lices, ne peut qu&rsquo;&ecirc;tre confort&eacute;e et berc&eacute;e, et donc prolong&eacute;e par cet &eacute;tat de doute, et par tous les possibles que semble ouvrir le hasard sous mes pas.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Aussi l&rsquo;exp&eacute;rience de &laquo; Gertrude en ligne &raquo; apporte un &eacute;clairage r&eacute;trospectif sur ma pratique : la d&eacute;rive du vaisseau Gertrude dans les espaces improbables d&rsquo;Internet aligne en perspective la succession d&rsquo;&eacute;v&egrave;nements qui l&rsquo;y ont amen&eacute;e, ou plut&ocirc;t qui m&rsquo;y ont amen&eacute;e. Ev&eacute;nements que je suis tent&eacute;e de f&eacute;d&eacute;rer sous le terme de &laquo; rencontres &raquo;.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Je distingue cependant cette notion&nbsp; de &laquo; rencontres &raquo; de la &laquo; Rencontre &raquo; (&agrave; laquelle je donne une majuscule) circonstance unique et rare o&ugrave; deux &ecirc;tres, aux premiers regards, aux premiers mots, se reconnaissent chacun dans les yeux de l&rsquo;autre, dans une r&eacute;ciprocit&eacute; imm&eacute;diate, savent avoir toujours &eacute;t&eacute; l&agrave; avant d&rsquo;avoir &eacute;t&eacute;, vivent soudainement plus fort ce suppl&eacute;ment d&rsquo;&acirc;me et, simultan&eacute;ment, meurent un peu dans la mesure de sa perte irr&eacute;parable.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Les rencontres, sans exclure pour autant les Rencontres qui ont d&eacute;cid&eacute; de mon maintien en vie, sont les petits cailloux de ma rivi&egrave;re. Robert Alexis dit au d&eacute;but de <em>La robe<\/em> : <em>C&rsquo;est un lieu commun de pr&eacute;tendre que certaines rencontres infl&eacute;chissent le cours d&rsquo;une vie, l&rsquo;orientent dans une direction jusqu&rsquo;alors insoup&ccedil;onn&eacute;e.<\/em><br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Les rencontres sont les jalons de mon parcours, qu&rsquo;ils soient les piliers des figures hi&eacute;ratiques de mon enfance, les mod&egrave;les, artistes et ma&icirc;tres de mes initiations, la modestie des &ecirc;tres aux petites t&acirc;ches, le magn&eacute;tisme de certains lieux, l&rsquo;&eacute;cho puissant de quelques textes, la fascinante m&eacute;moire des objets trouv&eacute;s, mais &eacute;galement les obstacles, les r&eacute;sistances, les frustrations et blessures d&rsquo;&acirc;me. Autant de &laquo; collisions &raquo; qui ont fourni l&rsquo;&eacute;nergie de ma m&eacute;canique, qui ont aliment&eacute; le moulin de ma rage.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Si j&rsquo;ai lutt&eacute; longtemps pour garder le cap, l&rsquo;illusion de la coh&eacute;rence, un semblant de ma&icirc;trise sur les circonstances, il me semble &agrave; pr&eacute;sent (est-ce l&rsquo;&acirc;ge ?) que je me livre, pieds et poings li&eacute;s, au hasard. Je lui ai fait un lit au sein de ma pratique, d&eacute;veloppant de plus en plus une capacit&eacute; d&rsquo;&eacute;ponge, &agrave; absorber, m&rsquo;adapter, et me d&eacute;placer au gr&eacute; des flots de mon aventure, posture qui trouve toute sa raison d&rsquo;&ecirc;tre dans ce dernier &eacute;pisode cyber.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Paradoxalement, je per&ccedil;ois cette d&eacute;marche, permise par les &laquo; nouvelles technologies &raquo;, comme presque moyen&acirc;geuse, comme un d&eacute;part vers l&rsquo;inconnu depuis la forteresse rassurante de ma sph&egrave;re intime, telle une qu&ecirc;te par-del&agrave; les contr&eacute;es fantastiques, &agrave; la merci d&rsquo;ailleurs inqui&eacute;tants o&ugrave; tout fait signe dans un monde de merveilles et de sortil&egrave;ges.&nbsp;<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;&eacute;tranget&eacute; de l&rsquo;espace Internet semble tenir &agrave; la distorsion des rapports spatiotemporels qui lui sont propres. Une distorsion qui se r&eacute;percute directement sur les relations qui s&rsquo;&eacute;tablissent entre les personnes : chacun joue de la plasticit&eacute; des limites de son site, mouchoir de poche de son ego, absurde intimit&eacute;, dans un jeu non ma&icirc;tris&eacute;, de toute fa&ccedil;on non ma&icirc;trisable, avec un cosmos immat&eacute;riel dont l&rsquo;expansion suppos&eacute;e lui donne le vertige et dont il redoute et souhaite le voyeurisme. Les distances r&eacute;elles, pourtant &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle d&rsquo;un pays, voire du monde, s&rsquo;abolissent dans un contact direct, dans une proximit&eacute; et une familiarit&eacute; d&rsquo;embl&eacute;e &eacute;tablies, o&ugrave; l&rsquo;affect s&rsquo;invite brutalement.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Telle est la &laquo; rencontre &raquo; sur Internet, violente, &eacute;motive, d&eacute;stabilisante, presque dangereuse si on perd la conscience de sa singularit&eacute;, si on ne rev&ecirc;t pas d&rsquo;armure analytique.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Il me semble que mon projet initial (que je d&eacute;cris dans le texte <em>La V&eacute;rit&eacute; en Gertrude<\/em>) qui &eacute;tait d&rsquo;entr&eacute;e, de consid&eacute;rer Internet comme mati&egrave;re &agrave; r&eacute;flexion, m&rsquo;a permis de rester arm&eacute;e, de ne pas me laisser d&eacute;sar&ccedil;onner par mon &eacute;motivit&eacute; ou de ne pas me noyer dans l&rsquo;affect, bien que j&rsquo;eusse, depuis, sem&eacute; quelques plumes de ma carapace. Je peux pr&eacute;tendre ( fi de la modestie),&nbsp; n&rsquo;avoir jamais bascul&eacute; au-del&agrave; de l&rsquo;&eacute;quivoque, dans d&rsquo;illusoires sentiments autre que l&rsquo;amiti&eacute; (mais le terme est-il juste ?) avec mes interlocuteurs, m&ecirc;me si j&rsquo;ai entrevu avec certain les limites du jeu.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; L&agrave;, j&rsquo;ouvre une parenth&egrave;se pour vous rassurer, vous qui me lisez, que vous soyez fid&egrave;le interlocuteur de Gertrude ou simple passant : Mes intentions&nbsp; ne sont en rien d&rsquo;aboutir &agrave; des &laquo; rencontres &raquo; d&rsquo;ordre r&eacute;el, et&nbsp; ma d&eacute;marche n&rsquo;est aucunement le reflet de ma &laquo; vraie vie &raquo; ou d&rsquo;un vide affectif justifiant de tels desseins ; mais plut&ocirc;t celle de tenter une forme de communication autour, ou plus pr&eacute;cis&eacute;ment &agrave; travers ma pratique, de constituer cette communication en tant que param&egrave;tre de l&rsquo;exp&eacute;rience particuli&egrave;re de la construction de ce blog, dont l&rsquo;objet central est la non moins particuli&egrave;re Gertrude. Je tente ainsi de d&eacute;passer par cette communication, la banalit&eacute; de la courtoisie pour amener l&rsquo;&eacute;change &agrave; &ecirc;tre &eacute;v&eacute;nement&nbsp; moteur de cette construction, quitte &agrave; employer les moyens de la s&eacute;duction et de la provocation.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est impossible d&rsquo;atteindre le sens de ma posture sans consid&eacute;rer Gertrude comme le pivot incontournable de mon entreprise.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Certes, reste humain, squelette vide, indice d&rsquo;une existence oubli&eacute;e, Gertrude est rang&eacute;e depuis longtemps par moi au rayon des petites divinit&eacute;s domestiques. Aussi famili&egrave;re et inoffensive qu&rsquo;un h&eacute;ritage de famille, elle en a la d&eacute;risoire valeur.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Pourtant, en ce lieu d&rsquo;Internet, ce modeste Lare perd sa neutralit&eacute; d&rsquo;objet inerte, se r&eacute;activant &agrave; la crois&eacute;e d&rsquo;un ridicule, juste assez ridicule pour &ecirc;tre tourn&eacute; en d&eacute;rision, et d&rsquo;un inqui&eacute;tant, juste assez inqui&eacute;tant pour ne pas se faire oublier.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans cet espace virtuel, expos&eacute;e aux yeux de tous, la figure de Gertrude (j&rsquo;emploie &laquo; figure &raquo; au-del&agrave; de la notion de face, plut&ocirc;t dans le sens de la M&eacute;taphore ou topographie d&rsquo;une n&eacute;buleuse) reprend &agrave; son compte, toute la symbolique de la T&ecirc;te de mort, emplissant le puit sans fin de son cr&acirc;ne et l&rsquo;obscurit&eacute; de son regard du paradigme de la Mort. Elle devient signal, probablement un peu effrayant, au frontispice de son triple espace, surgissant &agrave; son ouverture, sur l&rsquo;&eacute;cran du navigateur h&eacute;sitant.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Elle est d&eacute;clin&eacute;e &agrave; tous les &eacute;tages de ses trois sites, tant&ocirc;t comme objet, tant&ocirc;t comme sujet : Elle appara&icirc;t tour &agrave; tour par ses repr&eacute;sentations mises en sc&egrave;nes&nbsp; dans des r&eacute;alisations plastiques tout &agrave; fait tangibles, &eacute;galement comme avatar virtuel d&rsquo;un moi que je lui pr&ecirc;te.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; L&agrave;, r&eacute;side sa raison d&rsquo;&ecirc;tre : &ecirc;tre simultan&eacute;ment raison et moyen de l&rsquo;&eacute;change. &Ecirc;tre Interface, la face plac&eacute;e entre ce que je projette et les perceptions, les r&eacute;ceptions de l&rsquo;autre. Elle oppose aux regards un aspect suffisamment labile pour ouvrir, par-del&agrave; sa physionomie fuyante, une cosmogonie de fantasmes, autant de possibles d&rsquo;existences , de m&eacute;moires, de d&eacute;sirs et des destin&eacute;es dont on veut bien la doter ; elle sait que batifoler avec la Mort, dont elle fr&ocirc;le le tabou, r&eacute;v&egrave;le n&eacute;cessairement la pr&eacute;sence d&rsquo;&Eacute;ros au c&ocirc;t&eacute; de Thanatos.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude, la path&eacute;tique, s&rsquo;accroche, dans les yeux de ses interlocuteurs, au moindre lambeau d&rsquo;humanit&eacute; encore coll&eacute; &agrave; ses os.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude respire, parle, aime&hellip; Bien s&ucirc;r, tout cela par mon truchement.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Personne n&rsquo;est dupe ; ni mes interlocuteurs, ni moi, ni Gertrude.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; C&rsquo;est un jeu, aux ficelles volontairement grossi&egrave;res :<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude, sous pr&eacute;texte de r&eacute;surrection, emprunte ma voix, mes mains, mon ego ; je rev&ecirc;ts, quant &agrave; moi, son masque de Mort.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude se nourrit des derniers feux de mes complaisances ; je me vautre dans le n&eacute;ant de ses orbites.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude existe, elle plaisante ; je ricane avec l&rsquo;&eacute;l&eacute;gance du d&eacute;sespoir.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude devient invincible ; d&rsquo;aucuns pourront pr&eacute;tendre que je caresse et apprivoise ma fin, que je joue les Vanit&eacute;s ou me joue de la Vanit&eacute;.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Vanit&eacute; grima&ccedil;ante des masques de James Ensor qui cachent en r&eacute;v&eacute;lant, qui occultent les apparences et retournent comme un gant les int&eacute;rieurs putrides.<br \/> Mais la dualit&eacute; s&rsquo;av&egrave;re ins&eacute;cable : Gertrude ne peut &ecirc;tre moi sans que je sois elle ; de la m&ecirc;me fa&ccedil;on, ce que je pr&eacute;sume &ecirc;tre la perception de l&rsquo;autre n&rsquo;est fatalement qu&rsquo;une projection de ma part ; Ce &laquo; Gertrude-moi &raquo;, vraisemblablement, n&rsquo;appartient plus &agrave; Gertrude, ne m&rsquo;appartient plus. Il n&rsquo;est ni Gertrude ni moi, car nous y avons m&eacute;lang&eacute; nos brumes.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; La seule chose qui subsiste, aussi virtuelle qu&rsquo;elle soit, est l&rsquo;image de Gertrude, ce que l&rsquo;&oelig;il per&ccedil;oit sur l&rsquo;&eacute;cran qui serait une Gertrude mise en image, mise en mots, par des photographies, des vid&eacute;os, des images num&eacute;riques et des textes ; la preuve paradoxalement rassurante de l&rsquo;existence du r&eacute;f&eacute;rent Gertrude en tant qu&rsquo;objet pos&eacute; dans l&rsquo;&eacute;tag&egrave;re d&rsquo;un espace r&eacute;el.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude n&rsquo;est rien, rien qu&rsquo;un objet, vide de m&eacute;moire, laissant b&eacute;ant ses territoires&hellip;<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans le temps suspendu<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Je vous esp&egrave;re<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude et moi<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude et vous<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Vous et moi.<br \/><\/span><\/p>\n<p><\/strong><\/span><\/p>\n<div style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong>Juliette Charpentier<\/strong><\/span><br \/> <span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong>Paris, le neuf mars deux mille neuf<\/strong><\/span><\/div>\n<\/p>\n<div style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"CtreTexte\" src=\"..\/ekladata.com\/3AOuIDJcb_ArAWhJ3Hq_AxYQtZQ@110x122.jpg\" width=\"110\" height=\"122\" alt=\"\"\/><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Souvent la l&eacute;gende recouvre le n&eacute;ant, parfois elle n&rsquo;est qu&rsquo;un tr&egrave;s p&acirc;le reflet de la r&eacute;alit&eacute;. Philippe Soupault Les Derni&egrave;res Nuits de Paris. &nbsp;&nbsp;&nbsp; Voici &agrave; pr&eacute;sent un peu plus de quatorze mois qu&rsquo;un cr&acirc;ne humain nomm&eacute; Gertrude est en ligne sur Internet. &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude appara&icirc;t ainsi sur un blog, Le Blog de Gertrude, qui &hellip; <a href=\"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/neuf-de-mars-p867468\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Neuf de Mars.&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-307","page","type-page","status-publish","hentry"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/307","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=307"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/307\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=307"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}