{"id":2271,"date":"2017-06-03T00:00:23","date_gmt":"2017-06-02T22:00:23","guid":{"rendered":"http:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/?p=2271"},"modified":"2017-06-02T23:26:49","modified_gmt":"2017-06-02T21:26:49","slug":"2271-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/2271-2\/","title":{"rendered":"Os en r\u00e9seau."},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><span style=\"font-size: 8pt\"><strong><span style=\"font-family: times new roman,times,serif\"><a href=\"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/P5210033.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-2268\" src=\"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/P5210033.jpg\" alt=\"\" width=\"3456\" height=\"4608\" srcset=\"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/P5210033.jpg 3456w, https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/P5210033-225x300.jpg 225w, https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/P5210033-768x1024.jpg 768w, https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-content\/uploads\/2017\/05\/P5210033-1200x1600.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><\/a>JC, mai 2017, S\u00e9rie des <em>Embrouilles, troisi\u00e8me version <\/em>ou<em> Le R\u00e9sOs,<\/em> filaments de stylo 3D, 6 x 17 x 32 cm<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Voici neuf ans et cinq mois, je cr\u00e9ai un blog, autrement dit une sorte de journal intime absurde en ligne sur internet, potentiellement au vu et au su de tous. Ce blog concernait ma pratique plastique autour d\u2019un cr\u00e2ne famili\u00e8rement, fac\u00e9tieusement, affectueusement pr\u00e9nomm\u00e9 Gertrude. Mais bien plus que de faire part de ma pratique plastique il s\u2019agissait d\u2019int\u00e9grer cette mise en ligne \u00e0 ma d\u00e9marche. Et m\u00eame d\u2019en faire un des piliers majeurs. Cela en devint tr\u00e8s vite le moteur et la raison d\u2019\u00eatre. Rythmes et rites s\u2019instaur\u00e8rent dans l\u2019exposition virtuelle de Gertrude, me contraignant \u00e0 toujours pousser plus loin cette aventure et ne jamais d\u00e9roger aux obligations que je m\u2019\u00e9tais donn\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">D\u00e8s les d\u00e9buts de cette exp\u00e9rience, je m\u2019interrogeai sur les rapports complexes qu\u2019entretenaient r\u00e9el et virtuel\u00a0: entre la r\u00e9alit\u00e9 du cr\u00e2ne et les images d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9es de Gertrude, les filtres et les mises en sc\u00e8ne \u00e0 travers lesquels je la donnais \u00e0 voir en cet espace. \u00c9galement sur le regard suppos\u00e9 voire fantasm\u00e9 de l\u2019autre invisible et potentiellement infini, des interactions souvent fulgurantes avec des interlocuteurs inconnus, parfois fugaces, parfois durables. Certaines d\u00e9bouchant m\u00eame sur des rencontres dans le monde r\u00e9el.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Tr\u00e8s vite je jouai des potentialit\u00e9s de cette mise en ligne, des \u00e9changes qu\u2019elle suscitait.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">J\u2019en nourris ma pratique\u00a0: plut\u00f4t que de raconter une histoire autour de Gertrude, je laissai l\u2019histoire se d\u00e9rouler au gr\u00e9 des rencontres. Ces derni\u00e8res alimentaient l\u2019entreprise, dans une fausse id\u00e9e de remplissage d\u2019un creux de plus en plus vide. Le blog connut des p\u00e9riodes fastes et tumultueuses comme des temps calmes, voire des travers\u00e9es du d\u00e9sert.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Internet est un oc\u00e9an. On peut y naviguer des mois entier sans rencontrer quiconque, puis brusquement d\u00e9barquer sur une terre peupl\u00e9e d\u2019inconnus. La qu\u00eate en devient infinie mais surtout insatiable.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Le concept du blog, n\u2019\u00e9chappant pas \u00e0 l\u2019obsolescence des objets virtuels, am\u00e8ne rapidement \u00e0 la recherche d\u2019autres voies d\u2019information encore plus efficaces, mais encore plus v\u00e9loces, encore plus \u00e9ph\u00e9m\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">C\u2019est ainsi qu\u2019en 2013, je passai aux r\u00e9seaux sociaux pour y faire rouler mon cr\u00e2ne encore plus vite. D\u2019abord Twitter que j\u2019abandonnai rapidement puis enfin Facebook.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Pour la rapidit\u00e9, la diffusion et la circulation des informations, la facilit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir des contacts, passer d\u2019un blog \u00e0 Facebook \u00e9tait comme passer de la conduite d\u2019une 2CV \u00e0 celle d\u2019une Ferrari.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Ainsi Gertrude, du petit bonhomme de chemin s\u2019est brusquement retrouv\u00e9e sur un circuit supersonique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Enfin, en th\u00e9orie\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Facebook est un fleuve qui coule en continu \u00e0 une vitesse vertigineuse, charriant toutes sortes d\u2019objets h\u00e9t\u00e9roclites\u00a0; les contacts se font avec une grande facilit\u00e9 et se d\u00e9font tout aussi rapidement\u00a0; se m\u00ealent vrais et faux amis, nouvelles et anciennes connaissances, vieilles r\u00e9miniscences, ranc\u0153urs rances d\u2019une autre \u00e9poque et toutes sortes de malentendus.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Tout cela d\u00e9file sous notre regard en m\u00eame temps fascin\u00e9 et indiff\u00e9rent.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Et surtout addicte.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Car recharger la page est un acte compulsif \u00e0 la hauteur du sentiment de non-maitrise que nous ressentons face \u00e0 ce flux. Le besoin d\u2019y participer nous tenaille et il devient vite imp\u00e9rieux de partager aussi des \u00ab\u00a0informations\u00a0\u00bb, d\u2019alimenter cette chose insatiable quotidiennement, voire plusieurs fois par jour, de r\u00e9colter \u00e0 son tour un maximum de petits signes de reconnaissance ou de commentaires \u00e9logieux. Car aimer, \u00ab\u00a0liker\u00a0\u00bb est le maitre mot sur Facebook, aimer jusqu\u2019\u00e0 la perte de sens\u00a0; c\u2019est juste au nombre d\u2019\u00e9motic\u00f4nes que la satisfaction se mesure, mais \u00e9galement la frustration. L\u2019effet en est fugace, et s\u2019\u00e9vapore comme le souvenir de toute publication.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Rapidement le rythme gertrudien, le concept m\u00eame de sa mise en ligne ne suffirent ni ne correspondirent plus \u00e0 cette urgence ; force fut de constater ma tentation de publier, comme beaucoup, tout et n\u2019importe quoi pour nourrir le monstre affam\u00e9 et amn\u00e9sique, et de d\u00e9roger \u00e0 mes premi\u00e8res r\u00e9solutions, celle de montrer en ces lieux uniquement ma pratique plasticienne. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Gertrude, elle, est con\u00e7ue pour fonctionner sur une rythme particulier\u00a0; celui d\u2019une immobilit\u00e9 qui avance\u00a0; ou l\u2019illusion d\u2019une avanc\u00e9e. Depuis sa mise en ligne en 2008, l\u2019exp\u00e9rience se construit comme une sculpture, selon la logique d\u2019un \u00ab\u00a0<em>Merzbau<\/em>\u00a0\u00bb ou d\u2019un \u00ab\u00a0<em>Palais id\u00e9al<\/em>\u00a0\u00bb, pierre par pierre, poussant les murs mais assise sur une base unique et in\u00e9branlable, essentielle \u00e0 sa compr\u00e9hension. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">D\u2019o\u00f9 ce blog , ses espaces et ses lois si d\u00e9finis, son rythme immuable et la taxinomie incontournable \u00e0 sa structuration.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Autant un blog est une construction relativement p\u00e9renne que l\u2019on peut parcourir de la cave au grenier, autant Facebook est l\u2019instantan\u00e9e d\u2019un temps dont il est impossible de remonter le fil.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Le cr\u00e2ne Gertrude y a plong\u00e9 tant bien que mal, \u00e9mergeant \u00e7\u00e0 et l\u00e0 , dans une cacophonie de plus en plus assourdissante, dans une perte de sens encore plus folle.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Elle est vid\u00e9e et vide. Elle flotte parmi les bribes de ce que je laisse para\u00eetre de moi et d\u2019elle sans aucune ambition de revenir ni d\u2019aller si ce n\u2019est pousser toujours plus loin la vanit\u00e9 d\u2019y \u00eatre.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family: arial black,sans-serif;font-size: 14pt\">Rien n\u2019\u00e9tait pr\u00e9vu, mais rien ne sera laiss\u00e9 au hasard\u2026. Plus que jamais.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong><span style=\"font-family: times new roman,times,serif\">Juliette Charpentier, mai 2017<\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; JC, mai 2017, S\u00e9rie des Embrouilles, troisi\u00e8me version ou Le R\u00e9sOs, filaments de stylo 3D, 6 x 17 x 32 cm Voici neuf ans et cinq mois, je cr\u00e9ai un blog, autrement dit une sorte de journal intime absurde en ligne sur internet, potentiellement au vu et au su de tous. 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