{"id":305,"date":"2009-03-09T00:02:02","date_gmt":"2009-03-08T23:02:02","guid":{"rendered":"http:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/2009\/03\/09\/neuf-de-mars-a108953408\/"},"modified":"2009-03-09T00:02:02","modified_gmt":"2009-03-08T23:02:02","slug":"neuf-de-mars-a108953408","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/neuf-de-mars-a108953408\/","title":{"rendered":"Neuf de Mars"},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align: right;\">\n<div style=\"text-align: center;\">     <\/div>\n<div style=\"text-align: center;\">       <span style=\"font-family: times new roman,times;\"><br \/>        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/703uGOY4GtNMnjaUSd9eAUdpq2w@69x54.jpg\" style=\"margin:3px auto; display:block; clear:both;\" height=\"54\" width=\"69\" alt=\"\"\/> <\/p>\n<p><\/span>     <\/div>\n<p><span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>Souvent la l\u00e9gende recouvre le n\u00e9ant,<\/em><\/span><\/strong><\/span><br \/>     <span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><em>parfois elle n\u2019est qu\u2019un tr\u00e8s p\u00e2le reflet de la r\u00e9alit\u00e9.<\/em><\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p>     <span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Philippe Soupault<\/span><\/span><\/strong><\/span><br \/>     <span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\"><span style=\"font-size: 10pt;\">Les Derni\u00e8res Nuits de Paris.<\/span><\/span><\/strong><\/span>   <\/div>\n<p><span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong><\/p>\n<p>   <span style=\"font-size: 14pt;\">&nbsp;&nbsp;&nbsp; Voici \u00e0 pr\u00e9sent un peu plus de quatorze mois qu\u2019un cr\u00e2ne humain nomm\u00e9 Gertrude est en ligne sur Internet.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude appara\u00eet ainsi sur un blog, <em>Le Blog de Gertrude<\/em>, qui au fil du temps est devenu triple avec <em>Le Blog de Gertrude rose<\/em>, puis <em>Le Blog de Gertrude   noire.<\/em><\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Cette exp\u00e9rience repr\u00e9sente une \u00e9tape dans ma pratique plastique, aventure, quant \u00e0 elle, commenc\u00e9e il y a une trentaine d\u2019ann\u00e9es.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019origine du \u00ab face \u00e0 face \u00bb avec Gertrude trouve s\u00fbrement ses racines dans mon histoire personnelle dont je livre quelques bribes dans le texte <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #000000;\"><em><a href=\"http:\/\/gertruderosecelavi.over-blog.com\/pages\/Peindre_des_coquillages-657809.html\">Peindre des   coquillages<\/a><\/em><\/span><\/span>. Gertrude y a sa place parmi les coquilles trouv\u00e9es sur mon chemin.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;aventure de Gertrude commence v\u00e9ritablement \u00e0 une p\u00e9riode, o\u00f9 une voie se pr\u00e9cise dans le magma de ma pratique, ouvrant d\u00e9finitivement cette derni\u00e8re \u00e0 son absolue n\u00e9cessit\u00e9.   Gertrude surgit \u00e0 ce moment-l\u00e0, sans v\u00e9ritable hasard. J\u2019\u00e9voque cet \u00e9pisode de mon existence dans le texte <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #000000;\"><em><a href=\"..\/collision-initiale-p867436\/\">Collision initiale.<\/a><\/em><\/span><\/span><br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude est pr\u00e9sente depuis, mais s\u2019impose dans mon activit\u00e9 de fa\u00e7on quasi exclusive depuis quatre ans.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; De mod\u00e8le occasionnel, elle devient centre de mon int\u00e9r\u00eat plasticien dans la mise en \u0153uvre de dispositifs de plus en plus complexes, pour enfin aboutir \u00e0 sa mise en ligne. Ce   dernier acte survient ainsi, dans une logique de sophistication de sa monstration. Je raconte l\u2019\u00e9volution de ma relation au cr\u00e2ne Gertrude, le passage \u00e0 Internet, et les tumultueux premiers mois du   site de Gertrude, peu \u00e0 peu devenu triple, dans le texte <span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #000000;\"><em><a href=\"..\/la-verite-en-gertrude-p941516\/\">La V\u00e9rit\u00e9 en Gertrude<\/a><\/em><\/span><\/span>.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Il ne s\u2019agit pas pour moi de redire dans ce nouveau texte ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9crit, mais de jeter un regard plus distanci\u00e9 sur le chemin qui m\u2019a amen\u00e9e ici.&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je   reprends ainsi la plume dans l\u2019interrogation, qui de plus en plus m\u2019habite, sur la n\u00e9cessit\u00e9 ou pas de poursuivre l\u2019exp\u00e9rience Internet de Gertrude, sur les finalit\u00e9s et limites de cette derni\u00e8re,   sur mes desseins avou\u00e9s et inavouables de continuer le voyage et les raisons de plus en plus floues qui me font repousser l\u2019instant fatidique o\u00f9 j\u2019appuierai sur le bouton de d\u00e9connexion.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c9videmment, cette fuite en avant \u00e0 laquelle je m\u2019abandonne, non sans d\u00e9lices, ne peut qu\u2019\u00eatre confort\u00e9e et berc\u00e9e, et donc prolong\u00e9e par cet \u00e9tat de doute, et par tous les   possibles que semble ouvrir le hasard sous mes pas.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Aussi l\u2019exp\u00e9rience de \u00ab Gertrude en ligne \u00bb apporte un \u00e9clairage r\u00e9trospectif sur ma pratique : la d\u00e9rive du vaisseau Gertrude dans les espaces improbables d\u2019Internet aligne en   perspective la succession d\u2019\u00e9v\u00e8nements qui l\u2019y ont amen\u00e9e, ou plut\u00f4t qui m\u2019y ont amen\u00e9e. Ev\u00e9nements que je suis tent\u00e9e de f\u00e9d\u00e9rer sous le terme de \u00ab rencontres \u00bb.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Je distingue cependant cette notion&nbsp; de \u00ab rencontres \u00bb de la \u00ab Rencontre \u00bb (\u00e0 laquelle je donne une majuscule) circonstance unique et rare o\u00f9 deux \u00eatres, aux premiers   regards, aux premiers mots, se reconnaissent chacun dans les yeux de l\u2019autre, dans une r\u00e9ciprocit\u00e9 imm\u00e9diate, savent avoir toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0 avant d\u2019avoir \u00e9t\u00e9, vivent soudainement plus fort ce   suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me et, simultan\u00e9ment, meurent un peu dans la mesure de sa perte irr\u00e9parable.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Les rencontres, sans exclure pour autant les Rencontres qui ont d\u00e9cid\u00e9 de mon maintien en vie, sont les petits cailloux de ma rivi\u00e8re. Robert Alexis dit au d\u00e9but de <em>La   robe<\/em> : <em>C\u2019est un lieu commun de pr\u00e9tendre que certaines rencontres infl\u00e9chissent le cours d\u2019une vie, l\u2019orientent dans une direction jusqu\u2019alors insoup\u00e7onn\u00e9e.<\/em><br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Les rencontres sont les jalons de mon parcours, qu\u2019ils soient les piliers des figures hi\u00e9ratiques de mon enfance, les mod\u00e8les, artistes et ma\u00eetres de mes initiations, la modestie   des \u00eatres aux petites t\u00e2ches, le magn\u00e9tisme de certains lieux, l\u2019\u00e9cho puissant de quelques textes, la fascinante m\u00e9moire des objets trouv\u00e9s, mais \u00e9galement les obstacles, les r\u00e9sistances, les   frustrations et blessures d\u2019\u00e2me. Autant de \u00ab collisions \u00bb qui ont fourni l\u2019\u00e9nergie de ma m\u00e9canique, qui ont aliment\u00e9 le moulin de ma rage.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Si j\u2019ai lutt\u00e9 longtemps pour garder le cap, l\u2019illusion de la coh\u00e9rence, un semblant de ma\u00eetrise sur les circonstances, il me semble \u00e0 pr\u00e9sent (est-ce l\u2019\u00e2ge ?) que je me livre,   pieds et poings li\u00e9s, au hasard. Je lui ai fait un lit au sein de ma pratique, d\u00e9veloppant de plus en plus une capacit\u00e9 d\u2019\u00e9ponge, \u00e0 absorber, m\u2019adapter, et me d\u00e9placer au gr\u00e9 des flots de mon   aventure, posture qui trouve toute sa raison d\u2019\u00eatre dans ce dernier \u00e9pisode cyber.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Paradoxalement, je per\u00e7ois cette d\u00e9marche, permise par les \u00ab nouvelles technologies \u00bb, comme presque moyen\u00e2geuse, comme un d\u00e9part vers l\u2019inconnu depuis la forteresse rassurante   de ma sph\u00e8re intime, telle une qu\u00eate par-del\u00e0 les contr\u00e9es fantastiques, \u00e0 la merci d\u2019ailleurs inqui\u00e9tants o\u00f9 tout fait signe dans un monde de merveilles et de sortil\u00e8ges.&nbsp;<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u2019\u00e9tranget\u00e9 de l\u2019espace Internet semble tenir \u00e0 la distorsion des rapports spatiotemporels qui lui sont propres. Une distorsion qui se r\u00e9percute directement sur les relations qui   s\u2019\u00e9tablissent entre les personnes : chacun joue de la plasticit\u00e9 des limites de son site, mouchoir de poche de son ego, absurde intimit\u00e9, dans un jeu non ma\u00eetris\u00e9, de toute fa\u00e7on non ma\u00eetrisable,   avec un cosmos immat\u00e9riel dont l\u2019expansion suppos\u00e9e lui donne le vertige et dont il redoute et souhaite le voyeurisme. Les distances r\u00e9elles, pourtant \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un pays, voire du monde,   s\u2019abolissent dans un contact direct, dans une proximit\u00e9 et une familiarit\u00e9 d\u2019embl\u00e9e \u00e9tablies, o\u00f9 l\u2019affect s\u2019invite brutalement.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Telle est la \u00ab rencontre \u00bb sur Internet, violente, \u00e9motive, d\u00e9stabilisante, presque dangereuse si on perd la conscience de sa singularit\u00e9, si on ne rev\u00eat pas d\u2019armure   analytique.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Il me semble que mon projet initial (que je d\u00e9cris dans le texte <em>La V\u00e9rit\u00e9 en Gertrude<\/em>) qui \u00e9tait d\u2019entr\u00e9e, de consid\u00e9rer Internet comme mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion, m\u2019a permis   de rester arm\u00e9e, de ne pas me laisser d\u00e9sar\u00e7onner par mon \u00e9motivit\u00e9 ou de ne pas me noyer dans l\u2019affect, bien que j\u2019eusse, depuis, sem\u00e9 quelques plumes de ma carapace. Je peux pr\u00e9tendre ( fi de la   modestie),&nbsp; n\u2019avoir jamais bascul\u00e9 au-del\u00e0 de l\u2019\u00e9quivoque, dans d\u2019illusoires sentiments autre que l\u2019amiti\u00e9 (mais le terme est-il juste ?) avec mes interlocuteurs, m\u00eame si j\u2019ai entrevu avec   certain les limites du jeu.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u00e0, j\u2019ouvre une parenth\u00e8se pour vous rassurer, vous qui me lisez, que vous soyez fid\u00e8le interlocuteur de Gertrude ou simple passant : Mes intentions&nbsp; ne sont en rien   d\u2019aboutir \u00e0 des \u00ab rencontres \u00bb d\u2019ordre r\u00e9el, et&nbsp; ma d\u00e9marche n\u2019est aucunement le reflet de ma \u00ab vraie vie \u00bb ou d\u2019un vide affectif justifiant de tels desseins ; mais plut\u00f4t celle de tenter une   forme de communication autour, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 travers ma pratique, de constituer cette communication en tant que param\u00e8tre de l\u2019exp\u00e9rience particuli\u00e8re de la construction de ce blog, dont   l\u2019objet central est la non moins particuli\u00e8re Gertrude. Je tente ainsi de d\u00e9passer par cette communication, la banalit\u00e9 de la courtoisie pour amener l\u2019\u00e9change \u00e0 \u00eatre \u00e9v\u00e9nement&nbsp; moteur de cette   construction, quitte \u00e0 employer les moyens de la s\u00e9duction et de la provocation.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Il est impossible d\u2019atteindre le sens de ma posture sans consid\u00e9rer Gertrude comme le pivot incontournable de mon entreprise.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Certes, reste humain, squelette vide, indice d\u2019une existence oubli\u00e9e, Gertrude est rang\u00e9e depuis longtemps par moi au rayon des petites divinit\u00e9s domestiques. Aussi famili\u00e8re et   inoffensive qu\u2019un h\u00e9ritage de famille, elle en a la d\u00e9risoire valeur.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Pourtant, en ce lieu d\u2019Internet, ce modeste Lare perd sa neutralit\u00e9 d\u2019objet inerte, se r\u00e9activant \u00e0 la crois\u00e9e d\u2019un ridicule, juste assez ridicule pour \u00eatre tourn\u00e9 en d\u00e9rision,   et d\u2019un inqui\u00e9tant, juste assez inqui\u00e9tant pour ne pas se faire oublier.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans cet espace virtuel, expos\u00e9e aux yeux de tous, la figure de Gertrude (j\u2019emploie \u00ab figure \u00bb au-del\u00e0 de la notion de face, plut\u00f4t dans le sens de la M\u00e9taphore ou topographie   d\u2019une n\u00e9buleuse) reprend \u00e0 son compte, toute la symbolique de la T\u00eate de mort, emplissant le puit sans fin de son cr\u00e2ne et l\u2019obscurit\u00e9 de son regard du paradigme de la Mort. Elle devient signal,   probablement un peu effrayant, au frontispice de son triple espace, surgissant \u00e0 son ouverture, sur l\u2019\u00e9cran du navigateur h\u00e9sitant.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Elle est d\u00e9clin\u00e9e \u00e0 tous les \u00e9tages de ses trois sites, tant\u00f4t comme objet, tant\u00f4t comme sujet : Elle appara\u00eet tour \u00e0 tour par ses repr\u00e9sentations mises en sc\u00e8nes&nbsp; dans des   r\u00e9alisations plastiques tout \u00e0 fait tangibles, \u00e9galement comme avatar virtuel d\u2019un moi que je lui pr\u00eate.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u00e0, r\u00e9side sa raison d\u2019\u00eatre : \u00eatre simultan\u00e9ment raison et moyen de l\u2019\u00e9change. \u00catre Interface, la face plac\u00e9e entre ce que je projette et les perceptions, les r\u00e9ceptions de   l\u2019autre. Elle oppose aux regards un aspect suffisamment labile pour ouvrir, par-del\u00e0 sa physionomie fuyante, une cosmogonie de fantasmes, autant de possibles d\u2019existences , de m\u00e9moires, de d\u00e9sirs   et des destin\u00e9es dont on veut bien la doter ; elle sait que batifoler avec la Mort, dont elle fr\u00f4le le tabou, r\u00e9v\u00e8le n\u00e9cessairement la pr\u00e9sence d\u2019\u00c9ros au c\u00f4t\u00e9 de Thanatos.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude, la path\u00e9tique, s\u2019accroche, dans les yeux de ses interlocuteurs, au moindre lambeau d\u2019humanit\u00e9 encore coll\u00e9 \u00e0 ses os.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude respire, parle, aime\u2026 Bien s\u00fbr, tout cela par mon truchement.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Personne n\u2019est dupe ; ni mes interlocuteurs, ni moi, ni Gertrude.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est un jeu, aux ficelles volontairement grossi\u00e8res :<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude, sous pr\u00e9texte de r\u00e9surrection, emprunte ma voix, mes mains, mon ego ; je rev\u00eats, quant \u00e0 moi, son masque de Mort.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude se nourrit des derniers feux de mes complaisances ; je me vautre dans le n\u00e9ant de ses orbites.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude existe, elle plaisante ; je ricane avec l\u2019\u00e9l\u00e9gance du d\u00e9sespoir.<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude devient invincible ; d\u2019aucuns pourront pr\u00e9tendre que je caresse et apprivoise ma fin, que je joue les Vanit\u00e9s ou me joue de la Vanit\u00e9.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Vanit\u00e9 grima\u00e7ante des masques de James Ensor qui cachent en r\u00e9v\u00e9lant, qui occultent les apparences et retournent comme un gant les int\u00e9rieurs putrides.<br \/>   Mais la dualit\u00e9 s\u2019av\u00e8re ins\u00e9cable : Gertrude ne peut \u00eatre moi sans que je sois elle ; de la m\u00eame fa\u00e7on, ce que je pr\u00e9sume \u00eatre la perception de l\u2019autre n\u2019est fatalement qu\u2019une projection de ma part   ; Ce \u00ab Gertrude-moi \u00bb, vraisemblablement, n\u2019appartient plus \u00e0 Gertrude, ne m\u2019appartient plus. Il n\u2019est ni Gertrude ni moi, car nous y avons m\u00e9lang\u00e9 nos brumes.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; La seule chose qui subsiste, aussi virtuelle qu\u2019elle soit, est l\u2019image de Gertrude, ce que l\u2019\u0153il per\u00e7oit sur l\u2019\u00e9cran qui serait une Gertrude mise en image, mise en mots, par des   photographies, des vid\u00e9os, des images num\u00e9riques et des textes ; la preuve paradoxalement rassurante de l\u2019existence du r\u00e9f\u00e9rent Gertrude en tant qu\u2019objet pos\u00e9 dans l\u2019\u00e9tag\u00e8re d\u2019un espace r\u00e9el.<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude n\u2019est rien, rien qu\u2019un objet, vide de m\u00e9moire, laissant b\u00e9ant ses territoires\u2026<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans le temps suspendu<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Je vous esp\u00e8re<\/p>\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude et moi<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude et vous<br \/>   &nbsp;&nbsp;&nbsp; Vous et moi.<br \/><\/span><\/p>\n<p><\/strong><\/span>   <\/p>\n<div style=\"text-align: right;\">     <span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong>Juliette Charpentier<\/strong><\/span><br \/>     <span style=\"font-family: times new roman,times;\"><strong>Paris, le neuf mars deux mille neuf<\/strong><\/span><\/p>\n<div style=\"text-align: center;\">        <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/zp5SRm4XW7p6LtdVs6jsozwAcw@110x122.jpg\" style=\"margin:3px auto; display:block; clear:both;\" height=\"122\" width=\"110\" alt=\"\"\/>      <\/div>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Souvent la l\u00e9gende recouvre le n\u00e9ant, parfois elle n\u2019est qu\u2019un tr\u00e8s p\u00e2le reflet de la r\u00e9alit\u00e9. Philippe Soupault Les Derni\u00e8res Nuits de Paris. &nbsp;&nbsp;&nbsp; Voici \u00e0 pr\u00e9sent un peu plus de quatorze mois qu\u2019un cr\u00e2ne humain nomm\u00e9 Gertrude est en ligne sur Internet. &nbsp;&nbsp;&nbsp; Gertrude appara\u00eet ainsi sur un blog, Le Blog de Gertrude, qui &hellip; <a href=\"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/neuf-de-mars-a108953408\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Neuf de Mars&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[122],"tags":[],"class_list":["post-305","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-les-revelations-du-capitaine"],"post_mailing_queue_ids":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/305","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=305"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/305\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=305"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=305"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=305"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}