{"id":402,"date":"2008-07-14T00:01:01","date_gmt":"2008-07-13T22:01:01","guid":{"rendered":"http:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/2008\/07\/14\/14-juillet-2008-architectures-a108949224\/"},"modified":"2008-07-14T00:01:01","modified_gmt":"2008-07-13T22:01:01","slug":"14-juillet-2008-architectures-a108949224","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/14-juillet-2008-architectures-a108949224\/","title":{"rendered":"14 juillet 2008: Architectures."},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff; font-size: 24pt;\"><strong>Que chaque homme crie:<\/strong><\/span><span style=\"color: #0000ff;\"><br \/><\/span> <span style=\"color: #0000ff; font-size: 24pt;\"><strong>il y a<\/strong><\/span> <span style=\"color: #0000ff; font-size: 24pt;\"><strong>un grand travail<\/strong><\/span><span style=\"color: #0000ff;\"><br \/><\/span> <span style=\"color: #0000ff; font-size: 24pt;\"><strong>destructif, n&eacute;gatif,<\/strong><\/span> <span style=\"font-size: 24pt;\"><strong><span style=\"color: #0000ff;\">&agrave; accomplir.<\/span><br \/><\/strong><\/span> <\/p>\n<div style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-size: 24pt;\"><strong><span style=\"font-size: 10pt;\">Tristan Tzara, <em>Manifeste DADA<\/em>, 1918.<\/p>\n<p><\/span><\/strong><\/span> <\/p>\n<div style=\"text-align: center;\">\n<div style=\"text-align: right;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"margin: 3px auto; display: block; clear: both;\" src=\"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/21fGmppIPdYHY7cMw33z99dol-4@600x413.jpg\" width=\"600\" height=\"413\" alt=\"\"\/> <span style=\"font-size: 8pt;\"><strong>Objets divers, Briques de la comm&eacute;moration de la prise de la Bastille, 1989<\/p>\n<p><\/strong><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align: left;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp; <span style=\"color: #ff0000;\"><em>Qu&rsquo;est-ce qui vaut davantage, un kilo de pierre ou un kilo d&rsquo;or ? La question n&rsquo;a l&rsquo;air ridicule que pour le commer&ccedil;ant. L&rsquo;artiste r&eacute;pondra :&nbsp; &laquo; Pour moi, tous les mat&eacute;riaux sont &eacute;galement pr&eacute;cieux. &raquo;<br \/> La V&eacute;nus de Milo aurait autant de valeur si elle &eacute;tait en pierre &agrave; gravier &ndash; &agrave; Paros on gravillonne les rues avec du marbre de Paros &ndash; ou en or. La Madone de Saint-Sixte ne vaudrait pas un sou de plus si Rapha&euml;l avait m&eacute;lang&eacute; quelques livres d&rsquo;or &agrave; ses couleurs. Un commer&ccedil;ant qui devrait envisager de fondre une V&eacute;nus d&rsquo;or ou de gratter la Madone de Saint-Sixte serait naturellement oblig&eacute; de raisonner en d&rsquo;autres termes.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; L&rsquo;artiste n&rsquo;a qu&rsquo;une ambition : il veut dominer son mat&eacute;riau de telle mani&egrave;re que son travail devienne ind&eacute;pendant de la valeur de ce qu&rsquo;il met en &oelig;uvre. Malheureusement nos constructeurs ignorent tout d&rsquo;une telle ambition. Pour eux un m&egrave;tre carr&eacute; de mur en granit a plus de valeur qu&rsquo;un m&egrave;tre carr&eacute; de mur en mortier.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Le granit en soi n&rsquo;a pourtant aucune valeur. Il forme des cha&icirc;nes de montagne, o&ugrave; il suffit d&rsquo;aller se servir. Avec le granit on gravillonne les rues, on pave les villes. C&rsquo;est la pierre la plus commune, le mat&eacute;riau le plus commun que nous connaissions. Et pourtant il est des gens qui le tiennent pour notre plus pr&eacute;cieux mat&eacute;riau de construction.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Ces gens disent mat&eacute;riau et pensent travail . Travail humain, savoir-faire et art. Car le granit exige beaucoup de travail. Il en faut pour l&rsquo;arracher aux montagnes, il en faut pour l&rsquo;amener &agrave; son lieu de destination, il en faut pour lui donner la forme convenable, il en faut pour le tailler et le polir. Alors devant un mur de granit poli, notre c&oelig;ur se mettra &agrave; battre. Nous nous sentirons envahis d&rsquo;un sentiment de v&eacute;n&eacute;ration. Devant le mat&eacute;riau ? Non pas : devant le travail humain.<\/p>\n<p> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Donc le granit serait tout de m&ecirc;me plus pr&eacute;cieux que le mortier ? Ce n&rsquo;est pas ce que nous voulons dire. Car une paroi avec des d&eacute;corations en stuc de Michel-Ange &eacute;clipsera m&ecirc;me le mur de granit le mieux poli. Ce qui d&eacute;termine la valeur d&rsquo;un objet, ce n&rsquo;est pas seulement la quantit&eacute; de travail investi, mais aussi sa qualit&eacute;.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; Nous vivons en un temps o&ugrave; la quantit&eacute; de travail fourni compte par-dessus tout. Celle-ci est facile &agrave; calculer, elle frappe chacun d&rsquo;embl&eacute;e et n&rsquo;exige ni regard exerc&eacute; ni connaissances particuli&egrave;res. L&agrave; il n&rsquo;y a pas d&rsquo;erreur. Tant d&rsquo;ouvriers ont travaill&eacute; pendant tant d&rsquo;heures pour tel salaire. Chacun peut faire le compte. Nous aimons &agrave; dire &agrave; tout le monde la valeur des choses qui nous entourent. Dans cette optique, les mat&eacute;riaux qui r&eacute;clament le plus long travail seront aussi les plus consid&eacute;r&eacute;s.<br \/> &nbsp;&nbsp;&nbsp; On n&rsquo;a pas toujours pens&eacute; ainsi. Autrefois on construisait avec les mat&eacute;riaux les plus ais&eacute;ment accessibles. En maintes r&eacute;gions avec de la brique, en d&rsquo;autres avec de la pierre, ailleurs encore les murs &eacute;taient recouverts de mortier. Ceux qui construisaient ainsi se sentaient-ils inf&eacute;rieurs &agrave; l&rsquo;architecte qui utilisait la pierre ? Pourquoi donc ? Une telle pens&eacute;e ne venait &agrave; l&rsquo;esprit de personne. Si on avait dispos&eacute; de carri&egrave;res dans les environs, on aurait construit en pierre. Amener de loin des pierres destin&eacute;es &agrave; la construction paraissait plus une affaire d&rsquo;argent qu&rsquo;une question d&rsquo;art. Et jadis l&rsquo;art, la qualit&eacute; du travail, comptait plus que de nos jours.<br \/><\/em><br \/><\/span><br \/><\/strong><\/span> <\/p>\n<div style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Adolf Loos, <em>Paroles dans le vide, mat&eacute;riaux de construction<\/em>, 1898,<\/strong><\/span><br \/> <span style=\"font-size: 10pt;\"><strong>Edition Champ libre, 1979.<\/p>\n<p><\/strong><\/span> <\/p>\n<div style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff00ff; font-size: 10pt;\"><strong><span style=\"font-size: 12pt;\">Maintenant, vous pouvez aller (vous) d&eacute;filer sur<\/span><\/strong><\/span><br \/> <a href=\"https:\/\/juliettecharpentier.fr\/gertrudes\"><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>gertrude<\/strong><\/span><\/a><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Que chaque homme crie: il y a un grand travail destructif, n&eacute;gatif, &agrave; accomplir. 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