G tombée du camion.

 

Nous avons rempli quelque deux cents cartons avec nos différents objets, vêtements, livres. Nous avons jeté ou donné autant.
J’ai, entre autre, soigneusement rangé Gertrude et son atelier-étagère en caisses.
Nous y avons passé tout l’été.
Puis nous avons déménagé, enfin presque. Le tout a été chargé dans un grand camion pour être déchargé à cinq cents kilomètres de là dans un entrepôt. Depuis nous vivons dans un gite avec le minimum de nos affaires pour pouvoir « fonctionner » au quotidien. Cela fait à présent deux mois et quelques jours que nous attendons de nous installer définitivement dans notre petit paradis actuellement en travaux.
Trois petites choses ont pourtant échappé à cette organisation bien huilée ; trois petites choses tombées derrière mon étagère sont passées à côté de la mise en boite : Un ouvrage d’Henri Michaux, « Misérable miracle », une représentation de mon crâne Gertrude, dessin numérique à partir d’une photographie, collé sur du carton, et ce texte de neuf pages intitulé « … est bien d’être enfilées » (succédant à un autre « Le destin des perles... » mais un peu, depuis, oublié), écrit il y a plus de vingt ans avec toute l’immodestie de celle qui se prenait pour une artiste.
Nous les avons découvertes là, par terre dans la poussière, après le départ des déménageurs.
Je les ai ramassées en même temps que les éponges, torchons et balais qui nous avaient servis à faire le ménage de notre location avant l’état des lieux de sortie.
« Rien n’était prévu, mais rien ne sera laissé au hasard » est la célèbre devise gertrudienne, ligne de conduite de mes activités absurdes. C’est une formule ouverte qui laisse la place à l’inattendu, portant une attention telle à ce dernier qu’elle en fait un projet.
Ces trois choses oubliées font donc signe et s’inscrivent naturellement dans ce principe.
Je les laisse ici à votre regard. Lirez-vous le texte ?
Pour moi, il était temps; peut-être.

Cela fait exactement dix ans et dix mois
que la Crâneuse s’y retrouve
grâce à Gertrude.

Peinture à l’Os

 

C’est la rentrée :
Reprenant les notions à la base de l’Os,
la Crâneuse promet de s’appliquer
tout en cultivant
une certaine économie de moyens.

JC, septembre 2018, La Peinture à l’Os, pastilles de peinture gouache modifiées, boite en plastique de récupération, 23 x 10 x 2 cm.

Cela fait exactement dix ans et huit mois
que Gertrude
reste simple
dans les situations compliquées.

La vain-ture à l’Os
c’est bien plus rigolo
que le vin chu dans l’huile.

L’Os prêt en bulles

Avant de faire l’OS dans le S-O
Gertrude bulle en bulles
tel Toutencarton
dans ses bandelettes d’adhésif
en préambule à une re-naissance.

Cela fait exactement dix ans et sept mois
que Gertrude fait des bulles
à la surface de la Toile.

Faire mouche à l’os.

 

L’occupation favorite de la Crâneuse
est de regarder les mouches voler
tout en les attirant dans sa toile.

 

JC, mai 2018, Pique-Gertrude n°9 (collection particulière), canevas, fil, satin, rembourrage synthétique, 3 x 9 x 9 cm.

Cela fait donc dix ans et cinq mois
que la Crâneuse Gertrule les mouches.
Mais quelle mouche la pique ?
Et que c’est vain !

Sur l’étagère de Gertrude, le très beau dessin offert à la Crâneuse par R.

Cet article est dédié à R.
celle qui organisait des funérailles trois étoiles
aux mouches de son enfance.

Au tournant ou le cahier de J. : L’exception au Capitaine n°11.

D’habitude je n’achète pas ce genre d’objets. Objets « tout fait », non inventés. Mais le mot « journal » m’a appelée malgré moi. Cela fait à peu près deux ans que je l’ai sur mon bureau, remettant toujours au lendemain son utilisation. Aujourd’hui je triche (…)

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L’étagère de Gertrude photographiée le 08 avril 2018, ou « l’atelier impossible ».

Juliette Charpentier, Paris le 09 avril 2018

Gertrude, le Tort et le Travers.

Cela fait dix ans et trois mois
que la Crâneuse
brode à tort et à travers
dans un petit cercle gertrudien
mais reste protocolaire
dans son pré carré.

JC, Gertrude, le Tort et le Travers, fil, suédine, chaque élément : environ 15 cm x 15 cm.

Car il lui faut bien composer avec les trois pour le trois, considérant que Gertrude regarde Gertrude Rose qui regarde Gertrude Noire qui regarde Gertrude Rose qui regarde Gertrude .
Cela me regarde, direz-vous, mais laquelle empiète sur l’une et laquelle empiète sur l’autre  sans tourner en rond?