Les contre-vanités de Gertrude.

Gertrude serait-elle une contre-vanité ?
Avec sa tête en os et ses faux airs de tête de mort, est-elle la mieux placée pour nous alerter sur les futilités de ce bas-monde face au néant ?
Ce reste humain, initialement destiné à la Science, instrumentalisé dans une démarche pseudo artistique, ne serait-il pas un simulacre de « memento mori » un « souviens-toi » de « ça été » plutôt que de « ce qui sera », une esquisse grossière de figuration de la mort dans le refus obstiné de correspondre au stéréotype du crâne?
L’os, quel qu’il soit, est un constat figé, un arrêt sur image dans le processus de décomposition du corps, une étape après la chair, après la peau, après tout ce qui donne physionomie, après tout ce qui dégouline. Contempler son immobilité, sa minéralité, sa face aveugle et sans histoire, revient à se dispenser de toute digression sur le véritable travail de la mort, à s’aveugler sur la défaite en marche de l’être.

La vanité est ailleurs :
Elle est peut-être dans l’acte de peindre…
Elle est peut-être dans ce texte…
Elle est peut-être dans cette photographie…

Photographie numérique montrant l’atelier de JC.

Cela fait exactement douze ans et onze mois que Gertrude se la joue mortelle sur Internet.

La série des Embrouilles, première version.

Ou l’impossible exercice de superposition des traits.

Cela fait neuf ans et deux mois que Juliette et Gertrude s’embrouillent tout en mesurant l’écart de leurs profils.

Peuvent-elles pour autant en démêler les contours sans perdre la face ?

Série des Embrouilles, première version, crayon au graphite ou décalquage au stencil sur pages de carnet, 21 cm x 29,7 cm.

(Cliquez sur les images pour les voir plus grandes)

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

 

 

 

 

 

 

Gertrude nuit et jour(s).

 

Ses nuits sont mes jours, elle nuit le jour et j’ouvre ses horribles fisses* la nuit longeant le fil en noctambule funambule, préambule du vide.

*Fisses: Néologisme laissé à l’interprétation de chacun.

jour3

JC, septembre 2016, Gertrude nuit, fil, toile de jute ajourée, 24 x 30 cm

Cela fait huit ans et neuf mois que Gertrude nuit sur la Toile et que la Crâneuse ajoure les toiles.

Neuf de Novembre pour un murmure.


09/11/89

09/11/09

Les murs tombent
Restent les murmures de la honte
Sur les tombes emmurées

<script type= »text/javascript »> // <![CDATA[ var gaJsHost = ((« https: » == document.location.protocol) ? « https://ssl. » : « http://www. »); document.write(unescape(« %3Cscript src=' » + gaJsHost + « google-analytics.com/ga.js’ type=’text/javascript’%3E%3C/script%3E »)); //]]> </script><script type= »text/javascript »> // <![CDATA[ try { var pageTracker = _gat._getTracker(« UA-6900860-3 »); pageTracker._trackPageview(); } catch(err) {} //]]> </script>

OUBLI

JC, photographie, 1985.


L’automne déjà déjà l’automne
et c’est déjà l’hiver
quand le monde se moque du monde
que l’univers n’est qu’un mot
que l’oubli nous guette sentinelle
au coin des bois au coin des rues
au coin du crépuscule et pour demain
ou pour un autre jour mais on ne sait pas lequel
C’est tant mieux ou tant pis tant pis
On ne peut jamais savoir l’heure exacte

Philippe Soupault, Toujours et déjà