Les contre-vanités de Gertrude.

Gertrude serait-elle une contre-vanité ?
Avec sa tête en os et ses faux airs de tête de mort, est-elle la mieux placée pour nous alerter sur les futilités de ce bas-monde face au néant ?
Ce reste humain, initialement destiné à la Science, instrumentalisé dans une démarche pseudo artistique, ne serait-il pas un simulacre de « memento mori » un « souviens-toi » de « ça été » plutôt que de « ce qui sera », une esquisse grossière de figuration de la mort dans le refus obstiné de correspondre au stéréotype du crâne?
L’os, quel qu’il soit, est un constat figé, un arrêt sur image dans le processus de décomposition du corps, une étape après la chair, après la peau, après tout ce qui donne physionomie, après tout ce qui dégouline. Contempler son immobilité, sa minéralité, sa face aveugle et sans histoire, revient à se dispenser de toute digression sur le véritable travail de la mort, à s’aveugler sur la défaite en marche de l’être.

La vanité est ailleurs :
Elle est peut-être dans l’acte de peindre…
Elle est peut-être dans ce texte…
Elle est peut-être dans cette photographie…

Photographie numérique montrant l’atelier de JC.

Cela fait exactement douze ans et onze mois que Gertrude se la joue mortelle sur Internet.

16 réflexions sur « Les contre-vanités de Gertrude. »

  1. Si même une plaisante contre-vérité confine parfois au triste mensonge, quel heureux message peut bien à l’occasion délivrer une gertrudienne contre-vanité ?

    « On ferait une encyclopédie des bêtises et des contre-vérités répandues par l’imprimé. Quoi qu’on écrive maintenant, Greuze passera toujours pour un homme vertueux et Watteau pour un libertin. » Goncourt, Journal. – Cherchez L’Anomalie !

    1. C’est que, mon cher Vincent, la Crâneuse espère bien rentrer un jour à l’Acrânémie Française. (il parait même qu’une place vient de se libérer aujourd’hui.)

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