RIEN* il ne faut pas* le NIER*


Et si la Crâneuse alias le Capitaine ne faisait que crâner depuis treize ans et neuf mois?
Tout cela n’est rien, il ne faut pas le nier…

JC, Action, vidéo initialement publiée sur ce blog le 3 février 2010.

*RIEN: Ne vous fiez pas aux apparences, la Crâneuse ne fait rien mais c’est déjà quelque chose.
*il ne faut pas: clin d’oeil au fidèle Sébastien A. fondateur du club “Il ne faut pas”, sérialbloggueur à qui je dois complétement et pas seulement au Thiers.
*NIER: anagramme du RIEN, dédicace amicale et filiale à la facétieuse Mère Cière et son Fil rouge.

Petit RIEN offert à S. et C. , dérisoire devant une grande amitié.

Opacité des Os pas cités.

La Crâneuse cherche la lumière
et mesure ainsi
les degrés d’opacité de l’Os
sans véritablement lui donner forme
si ce n’est celle de l’écran
où G se profile en triple je(u) projeté
sans se bruler aux feu(e)s
ni perdre toute lucidité

Cela fait exactement treize ans et six mois
que le Capitaine de ce Blog
vous cache quelque chose
trois fois plutôt qu’une


JC, juin 2021, Écrans de Crâneuse, crayon de couleur et acrylique sur papier calque et calque millimétré, colle, structures en bois doré et métal d’anciens « écrans à main* ». Chaque élément: 18 x 43 cm.

*L’écran à main, loin d’être un éventail pour battre de l’air, est un accessoire datant du XVIIIème siècle qui permettait aux dames de protéger leurs beaux visages fardés de l’ardeur du feu de cheminée.

Les clés de l’Os.

Faire peinture de Gertrude
me tiraille
me disjoint
m’écartèle
me désorganise
me décompose
car envisager Gertrude en peinture
reviendrait
à raconter les tableaux à un os mort*
sans pour autant
lui en livrer les clés

Gertrude est un os mort
un os si mort
un occis mort
un os qui mort
mais tout le contraire
d’un oxymore
n’en déplaise aux nases

JC, mars 2021, Les clés de l’Os, peinture à l’huile sur clés à tableaux, configurations et dimensions variables. Les clés à tableaux sont des petits objets en bois qui servent à garder la toile à peindre en tension sur le châssis.

Cela fait exactement treize ans et trois mois que Gertrude garde la Toile en tension avec ses fausses clés absurdes

*Encore une référence capillotractée à l’histoire de l’art, ici une allusion à la célèbre performance de Joseph Beuys
“Comment expliquer les tableaux à un lièvre mort.”

Les intérieurs de Gertrude

Confinée
Cas contact
Contactée
Sans contact
La Crâneuse
Se vide la tête
En un seul souffle
Et fantasme
À distance
De l’extérieur
Les intérieurs de l’Os
Par quelques procédés plastiques
Modestes
Au creux
Du papier chiffon
D’une Gertrude en forme

Cela fait exactement douze ans et dix mois que Gertrude se plaint du vide en vidant son plein sur la Toile.

JC, novembre 2020, Les intérieurs de Gertrude, diverses techniques et matériaux sur papier Arche pressé en creux selon la forme
du profil du crâne de Gertrude. Neuf éléments de 9 x 13 cm.

 

Gertrude pique assiette* (ou Gertrude pharmacie*).

Cela fait douze ans et six mois
que Gertrude s’invite gratis
sur le Web
pour tenter en vain
de recoller les morceaux
de son passé disparu
avec les moyens du bord
et quelque louche pharmacie*
porcelainière

Elle reste définitivement
CRÂNE
et
BRUT*
de décoffrage

JC, juillet 2020, Gertrude pique assiette* (ou Gertrude pharmacie*), installation éphémère sur une surface de béton brut de tessons en porcelaine, faïence et céramique trouvés sur le terrain du Moulin Deschamps.

*Encore quelques références ready-made.

Air de Corrèze ou Deschamps du signe.

Voici un an
la Crâneuse enfilait son marcel
et troquait l’Air de Paris*
pour celui de Cœur Aise
au milieu Deschamps

Et encore une fois le hasard fait signe

 

* Référence à l’œuvre de Marcel Duchamp, Air de Paris, 1919

Et n’oubliez pas
 que Gertrude
perfuse en ces lieux
un peu de vanité virtuelle
depuis onze ans et huit mois

JC, aout 2019, Air de Corrèze (dans son ampoule de vert) in Gertrude comme Marcel, parce que Duchamp est inimitable, ampoule de sérum physiologique en verre de 125cc trouvée au fond du petit moulin Deschamps, futur atelier de la Crâneuse, étiquette d’origine et petite photographie numérique de la tête de Gertrude,
4 x 22cm.

Gertrude avant Gertrude: L’exception au Capitaine n°12

 

Et si Gertrude était
une machine à remonter le temps ?

« … Arrivée à mon âge, on se dit finalement qu’on a plus de passé que de futur, bien plus à raconter à rebours qu’en avant… »

En attendant que
la Capitaine Crâneuse
concrétise un tel projet
qu’elle procrastine un peu
bulle de temps en temps
reporte au lendemain
quelques rétropédalages dans l’os
vous pouvez toujours
lire ou relire le texte
« La princesse Gertrude »

G tombée du camion.

 

Nous avons rempli quelque deux cents cartons avec nos différents objets, vêtements, livres. Nous avons jeté ou donné autant.
J’ai, entre autre, soigneusement rangé Gertrude et son atelier-étagère en caisses.
Nous y avons passé tout l’été.
Puis nous avons déménagé, enfin presque. Le tout a été chargé dans un grand camion pour être déchargé à cinq cents kilomètres de là dans un entrepôt. Depuis nous vivons dans un gite avec le minimum de nos affaires pour pouvoir « fonctionner » au quotidien. Cela fait à présent deux mois et quelques jours que nous attendons de nous installer définitivement dans notre petit paradis actuellement en travaux.
Trois petites choses ont pourtant échappé à cette organisation bien huilée ; trois petites choses tombées derrière mon étagère sont passées à côté de la mise en boite : Un ouvrage d’Henri Michaux, « Misérable miracle », une représentation de mon crâne Gertrude, dessin numérique à partir d’une photographie, collé sur du carton, et ce texte de neuf pages intitulé “… est bien d’être enfilées” (succédant à un autre “Le destin des perles...” mais un peu, depuis, oublié), écrit il y a plus de vingt ans avec toute l’immodestie de celle qui se prenait pour une artiste.
Nous les avons découvertes là, par terre dans la poussière, après le départ des déménageurs.
Je les ai ramassées en même temps que les éponges, torchons et balais qui nous avaient servis à faire le ménage de notre location avant l’état des lieux de sortie.
« Rien n’était prévu, mais rien ne sera laissé au hasard » est la célèbre devise gertrudienne, ligne de conduite de mes activités absurdes. C’est une formule ouverte qui laisse la place à l’inattendu, portant une attention telle à ce dernier qu’elle en fait un projet.
Ces trois choses oubliées font donc signe et s’inscrivent naturellement dans ce principe.
Je les laisse ici à votre regard. Lirez-vous le texte ?
Pour moi, il était temps; peut-être.

Cela fait exactement dix ans et dix mois
que la Crâneuse s’y retrouve
grâce à Gertrude.

Gertrude, Éphémère devant l’Éternel.

Cela fait dix ans et deux mois
que Gertrude a toute l’éternité
pour être éphémère*.

*Jusqu’au déménagement de son étagère ce sera inventaire dérisoire et mise à l’os.

 

Photographie non contractuelle avec la complicité de Benjamin Vautier et de ses produits dérivés à l’insu de son plein gré.