Des desseins du Crâne aimé aux dessins de graminées.


JC, mai 2023, dessins et peintures à partir d’un bouquet de graminées*, techniques diverses (crayon, fusain, pastel, aquarelle, huile, acrylique…), dimensions variables.

Dessiner un crâne ou des graminées
revient toujours à structurer le désordre
en désordonnant la structure
afin d’animer le crâne
et laminer les grammes
Le trait crâneur se situe ainsi
entre le poids de l’os et la légèreté de l’air
Ici Tout est Vanité
qu’il soit crâne graine ou tatou



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cela fait exactement
quinze ans et cinq mois
qu’il y a du dessein dans le dessin
et du dessin dans les desseins
du Cas Os.

* Cet article est dédié à R. V. qui m’a offert un bouquet de graminées avec la mission de les dessiner.

Les devoirs de vacances de la Crâneuse ou la collection maritime et coquillarde du Tatou fait de tout.

 

La Crâneuse en vacances ne manque jamais à ses devoirs. Cette fois la consigne est donnée par l’éminente Professeure H :

« À partir d’une coquille. »

Évidemment la consigne et la coquille valent pour un temps et un lieu donnés à savoir septembre 2022 au bord de l’amer bassin d’art cochon dont nous connaissons la richesse lit d’oral et l’inspiration lit et râle.

Chers interlocuteurs, vous trouverez ci-dessous les devoirs de vacances accomplis avec enthousiasme par votre Crâneuse collectionneuse ainsi que la grille de compétences élaborée par la Professeure H. en personne.
Vous avez ainsi tous les outils pour évaluer la pertinence du Tatou fait de tout.
(Même si vous ne comprenez pas tout du Tatou et de ce langage d’initiés bande de cancres-là.)

Les devoirs accomplis :

  • Mon premier est le tatou prêt en bulle en amorphe sphère contrôlée tapi dans son bul’eau à la laine chargée.

  • Mon deuxième est un tatou du tout trouvé et son bul’laine sur carapace.

  • Mon troisième est un tatou ready-mer à carapace tricotée et objet dard décoquilleur.

  • Mon quatrième et un tatou peint en coque dans la plus pure tradition du souvenir de l’os séant.

Mon tout est un tatou fait de tout et qui s’en tape le coquillard !

JC, septembre 2022, Le Tatou prêt en bulle, objets et matériaux divers trouvés sur le littoral du Bassin d’Arcachon, laine feutrée à l’aiguille. Dimensions approximatives. Collection particulière.

JC, septembre 2022, Le Tatou du tout trouvé, objets et matériaux divers trouvés sur le littoral du Bassin d’Arcachon, laine feutrée à l’aiguille. Dimensions approximatives. Collection particulière.

JC, septembre 2022, Le Tatou Ready-mer, Objet et coquillage percé trouvés sur le littoral du Bassin d’Arcachon. Dimensions approximatives. Collection particulière.

JC,septembre 2022, Le Tatou peint en coque, aquarelle sur os de seiche trouvé sur le littoral du Bassin d’Arcachon. Dimensions approximatives. Collection particulière.

 

La grille d’évaluation par compétences de Professeure H :
Grille universelle critique
ayant déjà fait ses preuves sur les étudiants en masse terre de la Professeure H.

Évaluations par compétences – Sujet Août 2022

COMPÉTENCES VISÉES, TRAVAILLÉES et ÉVALUÉES

 

DOMAINES DU SOCLE

 

-Choisir, organiser et mobiliser des trucs, des machins et de l’haleine iodée en fonction des effets qu’ils produisent sur le corps mou mais beau.

-S’en taper le coquillage.

 

 

Expérimenter, produire, créer du bon pied marin.

Domaines du socle : 1, 2, 4, 5

 

-Mettre les voiles et mener à bon port une production individuelle dans le cadre d’un projet accompagné par le Tatou Spirit, grand inspirateur maniable et sans fil.

-Mener à bon porc une production collective mijotée sous la conduite du capitaine au long cou.

-Mener à bon pore une production goutteuse sous l’œil humide mais averti de Gertrude, reine de la longue conservation (1).

 

 

Mettre en œuvre un projet de lard salé ou d’eau douce.

Domaines du socle : 2, 3, 4,7, 14

 

-Justifier des choix pour rendre compte du cheminement qui conduit de la coquille à l’ermitage, ou inversement.

 

S’exprimer, analyser sa pratique, celle de ses paires (de chaussures à son pied) ; établir une relation avec celle des pagures, s’ouvrir à l’altérité crustacée.

Domaines du socle : 1, 3, 5, 26, 43, 25bis

 

 

-Identifier des caractéristiques (plastiques, culturelles, sémantiques, symboliques) inscrivant une œuvre dans une aire géographique de la côte aquitaine à la banlieue parisienne par l’entremise du livreur Chronopost et dans un temps historique du Quaternaire à l’Anthropocène.

 

Se repérer dans les domaines liés aux arts place Tic, être sensible aux questions agitées du beau cal et de la vulgaire croûte.

Domaines du socle : 1, 3, 92, 132ter alinéa 4, 368C (voir nouveaux programmes – réforme du collège 2023-2024), 3652a, 441702a et b.

 

Note (1) : Gertrude est aussi la reine de la longue conversation, voir http://juliettecharpentier.fr/gertrudes/ 2008 – 2022.

Cela fait exactement quatorze ans et neuf mois que Gertrude la bien conservée et grande conservatrice des collections du n’importe quoi, converse de ses droits et de ses devoirs.

Gertrude à pas feutrés.

 

Cela fait quatorze ans et quatre mois
que Gertrude collectionne
les objets à l’haleine feutrée
et les doudous
en mère in Os

JC, avril-mai 2022, Objets à l’haleine feutrée, éléments en laine mérinos, boite en plastique, 26 x 21 x 7 cm.


Encore quelques allusions capillotractées à l’œuvre du grand Marcel. Et la Crâneuse ne se prendrait-elle pas pour un Claes Oldenburg des petits fossés?…

Gertrudum polycephalum ou la tentation du vivant.

 

Dessins du crâne de Gertrude et sclérotes de physarum polycéphalum sur papier filtre. Diamètre : 9 cm.

La Crâneuse aux détours des méandres de son Os si mort, curieuse de tout depuis sa tendre enfance dans la contemplation des fourmis et des caméléons, n’a cessé d’observer crânes et coquilles vides, natures mortes ou silencieuses, choses vivantes mobiles ou immobiles.
Ainsi a-t-elle, l’œil en éveil et un peu par hasard, découvert il y a quelque temps un petit myxomycète* sauvage dans son jardin qu’elle a prénommé Pampa ; que faute de parvenir à élever à l’abri de son antre, elle a laissé vivre dans son milieu naturel.
L’observation de cet organisme s’est rapidement avérée compliquée par une météo corrézienne capricieuse. La Crâneuse, dans sa soif d’en apprendre davantage sur le phénomène, a donc cédé à la tentation d’acquérir via Internet un spécimen approchant, un physarum polycéphalum de souche australienne particulièrement bien adapté à la vie en laboratoire.
La Crâneuse s’est rapidement prise au jeu de la science, bichonnant et faisant croitre le petit être jaune et gluant prénommé Ricci, le nourrissant avec amour et lui fournissant tout le confort qu’exige son fragile plasmode, tout en s’émerveillant de ses incroyables capacités.
(Si les détails de cet élevage vous intéressent, retrouvez-les sur le compte Instagram dédié à Pampa et Ricci : @pampa_et_ricci ).
De ce petit élevage domestique pseudo-scientifique à la participation à la Science avec un grand « S » il n’y avait qu’un pas, et la Crâneuse, en toute logique, n’a pas manqué de candidater à une grande opération d’expérimentation participative « Derrière le blob, la recherche » organisée par le CNRS et plus précisément par Audrey Dussutour, chargée de recherche, grande spécialiste des êtres unicellulaires et des « blobs ».
À la veille de cette expérience inédite sur le réchauffement climatique qui doit mobiliser le sérieux et la rigueur exigés par toute étude scientifique, la Crâneuse a « endormi » la totalité de ses « Ricci » pour ne pas interférer avec la souche prochainement envoyée par le CNRS, déjà prénommée Céhènéresse.
La Crâneuse dans ses délires pseudo-scientifiques, voire carrément scientifiques, n’en a pas pour autant oublié sa nature plasticienne et crâneuse. Voici qu’elle se retrouve avec une cinquantaine de « sclérotes » sur papier filtre, état intermédiaire de sommeil ou de vie suspendue que le myxomycète adopte en cas de pénurie nutritive et hydrique, et dans lequel il peut rester indéfiniment dans l’attente de conditions adéquates à son réveil et son développement.
Profitant de ce temps de latence entre deux aventures « blobesques », la Crâneuse s’empare de ces supports dessinés par les hasards logiques de la nature afin d’y mener quelques expériences plastiques et pourquoi pas crâner un peu…
Gertrude n’est-elle pas polycéphale ?

 

*Les myxomycètes sont des organismes unicellulaires ni végétal, ni animal, ni champignon. Outre quelques souches étudiées en laboratoires, il en existe un très grand nombre la plupart vivant en milieu naturel . Ils sont communément surnommés « blob » pour leur caractère gluant et invasif en référence au film de SF « The Blob » de 1988. Les myxomycètes, bien que dénués de cerveau, sont presque immortels et possèdent des capacités étonnantes d’apprentissage et d’adaptation.

Physarum polycéphalum sur gélose dans boite de Pétri photographié sur fond bleu. Diamètre : 9 cm.

Essais d’aquarelle à partir de physarum polycéphalum.

Sclérotes sur papier filtre.

Dessins à l’aquarelle et crayon réalisés « en miroir » à partir de sclérote de physarum polycéphalum. Diamètre : 9 cm.

Aperçu de l’élevage du »blob ».

Os qui roule…

 

En attendant
la soirée mousse de la vaine ânée
le moussaillon Gertrude
de ce rafiot moussu
se fait mousser en verte mousse
sur une meule
qui ne tourne plus rond.

Un os qui roule
amasse-t-il de la mousse
pour autant ?


JC, novembre 2021, L’os qui roule, mousse de jardin installée sur une ancienne meule de moulin.

Cela fait treize ans et onze mois
que Gertrude tourne autour de l’os
broie du vain
fait mousser les mises en bière
et enfarine la Toile.


Cet article meunier est dédié à l’âne qui jadis portait le grain sans glisser sur la mousse ainsi qu’à Anne Hecdoth fidèle interlocutrice qui aime bien tourner autour du pot et en ferait bien son pain (beurre).

Os brouillé.

 

« Approchez-vous, tout se brouille, s’aplatit et disparaît ; éloignez-vous, tout se recrée et se reproduit. » écrivait Denis Diderot à propos des natures mortes, particulièrement de La Raie dépouillée, du grand Jean Siméon Chardin lors du Salon de 1763.

La Crâneuse
elle
loin d’être Siméon
a beau s’éloigner de Gertrude
constate que l’os reste brouillé
et dans son aveuglement
ne peut qu’objectiver subjectivement
un crâne qui ne sera toujours
qu’une nature morte
aux lignes mouvantes
mais non vivantes

JC, avril 2015, Réalité augmentée de Gertrude,
vidéo d’animation à partir de lignes tracées à l’aide d’un stylo 3D initialement publiée dans ce blog le 3 mai 2015.


JC, octobre 2021, petites natures mortes d’atelier, peinture à l’huile sur papier de récupération, chaque élément environ 16 x 21 cm.

Mais il semblerait
que malgré sa nature bien morte
Gertrude cherche ses limites
depuis maintenant treize ans et dix mois
c’est dans l’os des choses


Devoirs de vacuité.

 

Ce trois septembre
la Crâneuse en grande vacance
se vide la tête
en remplissant des crânes.

Le problème du jour: 
Les bateaux ont-ils des pieds ?

JC, aout 2021,
Devoirs de vacuité,
crayons graphites sur papier, chaque élément 15 x 21 cm.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cela fait exactement treize ans et huit mois que Gertrude se fait un devoir d’être en état de vacuité sur les rives du Web.

Gertrude ou le complexe du paillasson.

 

Gertrude Os sans corps
mais drôle de coco
se rêve paillasson
à vos pieds

Chers amis et voisins
entrez
dit-elle
mais prenez les patins

Il faut dire que cela fait exactement
douze ans et neuf mois
que Gertrude
vous gratte la plante
afin que vous vous sentiez
encore vivants

JC, septembre 2020, Gertrude Paillasson, fibre de coco sur PVC. Chaque élément: 17 x 12 x 1 cm.

 

Photographie numérique, réalisée au seuil du nouvel atelier de JC, où nous percevons au premier plan, au niveau de la porte ouverte, le paillasson de l’entrée agrémenté de trois éléments en forme de crânes découpés dans la même matière, et une pancarte en chêne (reste du parquet de la bibliothèque du Moulin) pyrogravée, mentionnant la nature de l’atelier et la bonne direction, posée sur une chaise escabeau de bibliothèque. Au deuxième plan nous devinons, plongés dans l’ombre, quelques produits des activités plasticiennes de JC.

L’Os qui pue.

Gertrude aimerait tant
avoir les pieds qui puent
mais à défaut de membres inférieurs
et même de membres tout court
elle se contente
de la supériorité de son occiput

Elle voudrait nous faire croire
que détachée
des basses contingences du corps
elle serait en odeur de sainteté
transfigurée en fleur
aux couleurs ecclésiastiques

JC, L’Os qui pue, (collections particulières) coussinets comprenant toile Aïda, tissu, rubans, fil à broder, fleurs de lavande,
10 x 10 x 3,5 cm.
Sur la photographie, également différents éléments : coussinets en tissu, boite contenant des fils et une pochette en papier, tambour à broder, aiguille, fleurs de lavande, crayon, papier calque.

Cela fait douze ans et sept mois
que la Crâneuse
elle
a bien les pieds sur terre
et un Os-l’a-vendu-project
derrière la tête

La reprise de l’Os en MAI(S).

 

Gertrude est en ligne
depuis le 3 janvier 2008
une vraie performance
c’est merveilleux

MAIS

cela fait douze ans et quatre mois
que la Crâneuse aimerait croire

 Que les vieux chiffons sales
sont de somptueux tissus

Que les salissures font de belles peintures

Que les supports fragiles sont éternels

Que les reprisages sont de jolies broderies

Que les fleurs fanées
sont bien plus émouvantes

 Que les bouts de ficelles sont des solutions à tous les problèmes

Que les activités futiles sont urgence vitale

Que ses piètres réalisations sont
des objets utiles

Que Gertrude n’est pas une tête de mort

Que même si rien n’était prévu
rien ne sera laissé au hasard

JC, La reprise de l’Os en mai(s), vieux chiffon de peinture de JC plié et cousu et reprisé, ficelle de chanvre, fils blanc et rouge*,
10 x 20 cm.
La réalisation est mise en scène avec un brin de muguet fané et photographiée à la lumière vespérale par temps de pluie.

* Un peu de fil rouge en souvenir d’une autre reprise au Fil de mfd ma Mercière.

Voici pourquoi chaque mois
l’Os reprise les accrocs de la réalité
sur les illusions
et que l’art gertrudien
est toujours cousu de fil blanc