La rentrée du vain si vain.

 

Avec toutes
ces doudouteries et ces tatouteries
on oublierait presque à quel point
Gertrude est une entreprise
bête, docte, pédante et absurde.

C’est la rentrée
et on ne résiste pas
à vous en mettre une petite couche
de l’art.
C’est vain si vain
mais c’est tellement bon…

JC, avril 2009, L’histoire du l’art, petite performance à partir de vieilles diapositives gravées publiée pour la première fois  le 3 octobre 2012 sur le blog de Gertrude (vous pouvez toujours chercher).

Cela fait exactement quatorze ans et huit mois que ce crâne vous fait la leçon
bande de cancres !

Gertrudum polycephalum ou la tentation du vivant.

 

Dessins du crâne de Gertrude et sclérotes de physarum polycéphalum sur papier filtre. Diamètre : 9 cm.

La Crâneuse aux détours des méandres de son Os si mort, curieuse de tout depuis sa tendre enfance dans la contemplation des fourmis et des caméléons, n’a cessé d’observer crânes et coquilles vides, natures mortes ou silencieuses, choses vivantes mobiles ou immobiles.
Ainsi a-t-elle, l’œil en éveil et un peu par hasard, découvert il y a quelque temps un petit myxomycète* sauvage dans son jardin qu’elle a prénommé Pampa ; que faute de parvenir à élever à l’abri de son antre, elle a laissé vivre dans son milieu naturel.
L’observation de cet organisme s’est rapidement avérée compliquée par une météo corrézienne capricieuse. La Crâneuse, dans sa soif d’en apprendre davantage sur le phénomène, a donc cédé à la tentation d’acquérir via Internet un spécimen approchant, un physarum polycéphalum de souche australienne particulièrement bien adapté à la vie en laboratoire.
La Crâneuse s’est rapidement prise au jeu de la science, bichonnant et faisant croitre le petit être jaune et gluant prénommé Ricci, le nourrissant avec amour et lui fournissant tout le confort qu’exige son fragile plasmode, tout en s’émerveillant de ses incroyables capacités.
(Si les détails de cet élevage vous intéressent, retrouvez-les sur le compte Instagram dédié à Pampa et Ricci : @pampa_et_ricci ).
De ce petit élevage domestique pseudo-scientifique à la participation à la Science avec un grand « S » il n’y avait qu’un pas, et la Crâneuse, en toute logique, n’a pas manqué de candidater à une grande opération d’expérimentation participative « Derrière le blob, la recherche » organisée par le CNRS et plus précisément par Audrey Dussutour, chargée de recherche, grande spécialiste des êtres unicellulaires et des « blobs ».
À la veille de cette expérience inédite sur le réchauffement climatique qui doit mobiliser le sérieux et la rigueur exigés par toute étude scientifique, la Crâneuse a « endormi » la totalité de ses « Ricci » pour ne pas interférer avec la souche prochainement envoyée par le CNRS, déjà prénommée Céhènéresse.
La Crâneuse dans ses délires pseudo-scientifiques, voire carrément scientifiques, n’en a pas pour autant oublié sa nature plasticienne et crâneuse. Voici qu’elle se retrouve avec une cinquantaine de « sclérotes » sur papier filtre, état intermédiaire de sommeil ou de vie suspendue que le myxomycète adopte en cas de pénurie nutritive et hydrique, et dans lequel il peut rester indéfiniment dans l’attente de conditions adéquates à son réveil et son développement.
Profitant de ce temps de latence entre deux aventures “blobesques”, la Crâneuse s’empare de ces supports dessinés par les hasards logiques de la nature afin d’y mener quelques expériences plastiques et pourquoi pas crâner un peu…
Gertrude n’est-elle pas polycéphale ?

 

*Les myxomycètes sont des organismes unicellulaires ni végétal, ni animal, ni champignon. Outre quelques souches étudiées en laboratoires, il en existe un très grand nombre la plupart vivant en milieu naturel . Ils sont communément surnommés « blob » pour leur caractère gluant et invasif en référence au film de SF « The Blob » de 1988. Les myxomycètes, bien que dénués de cerveau, sont presque immortels et possèdent des capacités étonnantes d’apprentissage et d’adaptation.

Physarum polycéphalum sur gélose dans boite de Pétri photographié sur fond bleu. Diamètre : 9 cm.

Essais d’aquarelle à partir de physarum polycéphalum.

Sclérotes sur papier filtre.

Dessins à l’aquarelle et crayon réalisés « en miroir » à partir de sclérote de physarum polycéphalum. Diamètre : 9 cm.

Aperçu de l’élevage du”blob”.

Os qui roule…

 

En attendant
la soirée mousse de la vaine ânée
le moussaillon Gertrude
de ce rafiot moussu
se fait mousser en verte mousse
sur une meule
qui ne tourne plus rond.

Un os qui roule
amasse-t-il de la mousse
pour autant ?


JC, novembre 2021, L’os qui roule, mousse de jardin installée sur une ancienne meule de moulin.

Cela fait treize ans et onze mois
que Gertrude tourne autour de l’os
broie du vain
fait mousser les mises en bière
et enfarine la Toile.


Cet article meunier est dédié à l’âne qui jadis portait le grain sans glisser sur la mousse ainsi qu’à Anne Hecdoth fidèle interlocutrice qui aime bien tourner autour du pot et en ferait bien son pain (beurre).

Gertrude ou l’expérience de “l’horror vacui”.

 

Gertrude préfère le plein au vide
et la vie à la plainte

JC, avril 2021, Gertrude, exercices d’Horror vacui, brou de noix, crayon aquarellable, fusain, craie, encre de gravure sur papier,
chaque élément environ 25 x 38 cm.

Cela fait treize ans et quatre mois
que la Crâneuse s’exerce
à l’Horror vacui
en remplissant le Rien de Vain

Le GertrudavirOs (G-Os-Vain ).

Cela fait douze ans et un mois
que la Crâneuse
a attrapé le GertrudavirOs.

Elle se soigne
mais c’est un syndrome crânique.

Mutatis mutandis,
les formes pathos-logiques
de cette maladie inspirée
à évolution indéterminée
sont
le Gertrudaviros-naturel,
le Gertudaviros-sombre
et le GertrudaVie-Rrose.

Malgré tous les efforts
de confinement en pression positive

en ces lieux pleins de courants d’air
la contamination n’est pas exclue.


Et d’ici qu’elle devienne virale
sur les résOs…

JC, janvier 2020, Le GertrudavirOs ou G-Os-Vain,
pâte polymère à cuire, petit bocaux de récupération, étiquettes imprimées,
chaque élément 4,5 x 4,5 x 5 cm

L’appât du Vain

Étant donnés*1

Son récent changement de cadre
Son prochain départ
des cadres institutionnels

La chute*1 d’os du revenez-y
de ses actions virtuelles

La baisse programmée de ses revenus
Le prix du gaz*1 et de l’éclairage*1

La Crâneuse
jusqu’ici dans le cas d’os non mercantile
décide de donner un cadre à ses desseins
pour se lancer dans le commerce*2 du vain.

L’heureux et inconscient acquéreur*3
d’un dessin de Juliette
se verra offrir le cadre improbable
ready-made*1

choisi avec tsoin-tsoin
et qui va avec

*1 Décidément Duchamp n’est jamais loin Deschamps.
*2 A prix modique (mode hic) et mode aérée afin d’arrondir ses faims de Moi.
*3 Juliette Charpentier sollicite l’avis de ses interlocuteurs sur le juste prix (pris ou pas pris) de ses petites créations.

Profil de Gertrude, graphite sur papier dans son cadre en pur plastique made in China chiné avec soin par une crâneuse.
20 x 17 cm.

Cela fait onze ans et neuf mois
que Juliette crâne à dessein
sur le Web

 

Étude de légumes du jardin au crayon aquarellable sur papier dans un cadre bois chiné avec soin par une crâneuse. 20 x 15 cm.

Le Gertrudarium ou Gertrudomètre N°24.

Quand la Crâneuse s’essaye au potager
l’Os fait son potage G
en cultivant en vain
ce qui n’était pas prévu
mais qu’il ne laissera pas au hasard  Gertrude (la Vraie) et Gertrude Rose bichonnent quelques adventices
alors que Gertrude Noire
sans surprise
consomme le pissenlit par la racine

Grace à un dispositif de terraformation
soi-disant autonome et autarcique parfaitement artificiel
Gertrude peut ainsi contempler
les natures cultivées
et les cultures artistiques de toute nature bien planquée dans sa boule de cristal

JC, juillet 2019, Le Gertrudarium ou Gertrudomètre N°24, sable, terre, humus, adventices, photographies numériques découpées, bouteille en verre avec bouchon en plastique bleu et bille de verre ayant contenu des boissons pétillantes provenant d’un pays lointain, sodas aux couleurs et gouts surprenants et artificiels.

Gertrude est-elle cultivée ?
Gertrude est-elle naturelle ?
Sérieusement, Gertrude est-elle de l’Art ?

Autant de questions
auxquelles nous ne répondrons pas

En effet, cela fait onze ans et sept mois
que s’il n’y a plus grand chose de naturel chaque petite chose est Gertrude

Gertrude enchaîne.

Ou tentative de connecter Gertrude à sa nouvelle réalité:

La Crâneuse peint l’Os sur lame
et tente ainsi d’en saisir
l’image volatile sur une surface tangible
Rien de tel que du chêne
pour prendre pied dans le réel
tout en restant artificielle

JC, avril 2019, L’Os sur lame,
peinture acrylique sur chute de lame de parquet en chêne, peinture diamètre 4 cm sur support 12 x 36 cm .

Cela fait exactement onze ans et quatre mois que Gertrude est en chantier
et que La Crâneuse
fait de la réalité une fiction
et de la fiction une réalité.

 

Onze, quel numérOs !

Onze ans et Gertrude est dans la caisse n°11.
Rien n’était prévu mais
rien ne sera laissé au hasard.

La Crâneuse pourrait faire
onze caisses de vain
pour célébrer toujours et encore
les aventures absurdes du vieil os.
Aussi en fera-t-elle une seule
sous onze points de vue différents
et sans aucune logique apparente.

N’est-ce pas une forme simple, bien plus simple que le contenant crânien ?


JC, décembre 2018, Onze caisses de vain, peinture acrylique (que le Père Nono a apportée à la Crâneuse) sur papier,
chacune 4,5 cm x 4,5 cm.

Gertrude, du fond de sa boite,
vous souhaite une belle année.