Gertrude enchaîne.

Ou tentative de connecter Gertrude à sa nouvelle réalité:

La Crâneuse peint l’Os sur lame
et tente ainsi d’en saisir
l’image volatile sur une surface tangible
Rien de tel que du chêne
pour prendre pied dans le réel
tout en restant artificielle

JC, avril 2019, L’Os sur lame,
peinture acrylique sur chute de lame de parquet en chêne, peinture diamètre 4 cm sur support 12 x 36 cm .

Cela fait exactement onze ans et quatre mois que Gertrude est en chantier
et que La Crâneuse
fait de la réalité une fiction
et de la fiction une réalité.

 

Onze, quel numérOs !

Onze ans et Gertrude est dans la caisse n°11.
Rien n’était prévu mais
rien ne sera laissé au hasard.

La Crâneuse pourrait faire
onze caisses de vain
pour célébrer toujours et encore
les aventures absurdes du vieil os.
Aussi en fera-t-elle une seule
sous onze points de vue différents
et sans aucune logique apparente.

N’est-ce pas une forme simple, bien plus simple que le contenant crânien ?


JC, décembre 2018, Onze caisses de vain, peinture acrylique (que le Père Nono a apportée à la Crâneuse) sur papier,
chacune 4,5 cm x 4,5 cm.

Gertrude, du fond de sa boite,
vous souhaite une belle année.

 

 

L’Os prêt en bulles

Avant de faire l’OS dans le S-O
Gertrude bulle en bulles
tel Toutencarton
dans ses bandelettes d’adhésif
en préambule à une re-naissance.

Cela fait exactement dix ans et sept mois
que Gertrude fait des bulles
à la surface de la Toile.

Gertrude, Éphémère devant l’Éternel.

Cela fait dix ans et deux mois
que Gertrude a toute l’éternité
pour être éphémère*.

*Jusqu’au déménagement de son étagère ce sera inventaire dérisoire et mise à l’os.

 

Photographie non contractuelle avec la complicité de Benjamin Vautier et de ses produits dérivés à l’insu de son plein gré.

Dix ans: Le calendrier de l’après.

Gertrude en dix ans, c’est 947 articles et 19518 commentaires.

(Cliquez sur les images pour remonter le temps.)

Et pourtant cela pourrait se résumer en une phrase :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Voici dix ans que Le Capitaine sous son chapeau crâne dans son bocal posé sur l’étagère encombrée pour laisser son empreinte sur la Toile en écoutant le bruit du monde et en brodant ses rêves de médaille en chocolat sous forme de monogramme tatoué dans la peau de l’os pastel, et après ?… »

 

L’os qui roule.

JC, octobre 2017, L’Os qui roule, 9 feuilles de papier format A4 imprimées, découpées et collées sur papier,  0,5 x 19 x 28 cm.

Pourquoi ce texte ? Il me plait de prétendre que je l’ai choisi par hasard.

Et pourtant n’est-il pas le texte même des enroulements compulsifs : histoire de cordons, d’étouffement, d’entrailles et de nombril, de regard tourné vers soi-même ; ou encore de quelque grouillement intérieur en boucle.

Le texte s’intitule « Naitre » (cliquez ici) ; je l’ai écrit en 2011   pour je ne sais quelle obscure raison. Comme tous les textes que j’écris, peu l’ont lu ou le liront malgré sa mise en ligne et sa publication, potentiellement au vu et au su de tous, et dont je ne développerai pas ici le paradoxe.

Je choisis (ou pas) ce texte « Naitre » et, cette fois-ci, je décide de l’imprimer recto-verso avec la police la plus proche du manuscrit, avec les marges les plus étroites afin que le maximum de la feuille soit rempli. Et comme la dernière fois je découpe le texte ligne par ligne, le réduisant ainsi à une série de bandelettes de papier imprimé et ôtant au récit sa cohérence. Chaque bande de papier mesure 21 cm, la largeur d’une feuille A4 sur à peu près ½ cm ; cet « à peu près » se révèle vite intéressant car les spirales que je vais former vont être de hauteurs légèrement différentes et ces petites variations vont animer la surface de ma réalisation.

Mais revenons à mes bandes de papier : cette fois-ci je ne les colle plus bout-à-bout et décide de les utiliser brutes à longueur égale pour avoir des modules équivalents ; les seules variations se faisant sur les hauteurs des spirales et sur leurs capacités de « déroulement ».

Car j’enroule chaque bande de papier autour d’une baguette de bois dans laquelle j’ai pratiqué une petite fente. J’y engage l’extrémité de chacune et je tourne la baguette jusqu’à obtenir une spirale de papier très serrée ; saisissant fermement cette dernière entre le pouce et l’index, je la dégage pour ensuite relâcher légèrement la pression de mes doigts et libérer le petit ressort de papier qui se détend , se déroule jusqu’à ce que je décide de sa taille. Pour la fixer, je colle l’extrémité de la bandelette sur elle-même. La spirale peut ensuite être « modelée » à la forme voulue, ou aplatie ou pincée en pointe afin de mieux s’insérer dans un espace vacant : Chacune va trouver sa place dans l’enceinte du dessin régulateur de la face de Gertrude. Les contours en sont matérialisés au préalable avec d’autres bandes de papier formant barrière à la prolifération des spirales. Le tout est comme une matrice contenant les enroulements du texte. Ce dessin de Gertrude n’est autre que la énième version d’une représentation directement décalquée d’une seule et même photographie du crâne vue de face. Les spirales de papier sont placées une à une, s’adaptant les unes aux autres, prenant à chaque fois la forme adéquate pour s’insérer dans les interstices en attente. Le remplissage suit le schéma de l’os laissant en réserve les orifices et le vide du support. L’ensemble a priori constitué de la matière fragile du papier est d’une solidité et d’une résistance étonnante sous ma main. Le toucher en expérimente une épaisseur d’autant plus tangible qu’elle enferme le texte dans ses plis et rejoue les alvéoles de l’os.

Un os toujours en devenir de ses déroulements.

Cela fait neuf ans et dix mois que Gertrude roule, s’enroule, déroule mais n’amasse pas d’os.