Le calendrier de Lard Vain. Onzième jour: 13/12/2023.

 

Jour 11:
Et si Dieu était un concept laineux…

JC, novembre 2023, Jour 11, laine feutrée à l’aiguille, 6,5 x 9 cm.

Vous n’avez pas la foi? Alors:
Avertissement: Les réalisations de la série « Le calendrier de Lard Vain » sont des interprétations ludiques et approximatives aux procédés improbables et inappropriés des œuvres d’art citées. Elles ne doivent en aucun cas être prises au sérieux.

À demain!

Le calendrier de Lard Vain. Dixième jour: 12/12/2023.

 

Jour 10:
Les interstices où l’œil s’égare…

JC, novembre 2023, Jour 10, laine feutrée à l’aiguille, 7 x 11 cm.

Ça a l’air doux, mais qu’est-ce que c’est?
Avertissement: Les réalisations de la série « Le calendrier de Lard Vain » sont des interprétations ludiques et approximatives aux procédés improbables et inappropriés des œuvres d’art citées. Elles ne doivent en aucun cas être prises au sérieux.

À demain!

Le calendrier de Lard Vain. Neuvième jour: 11/12/2023.

 

Jour 9 :
Il faut bien un petit truc sale de temps en temps.

JC, novembre 2023, Jour 9, laine feutrée à l’aiguille, 6 x 8,5 cm.

Vous êtes perdu(e):
Avertissement: Les réalisations de la série « Le calendrier de Lard Vain » sont des interprétations ludiques et approximatives aux procédés improbables et inappropriés des œuvres d’art citées. Elles ne doivent en aucun cas être prises au sérieux.

À demain!

 

Le calendrier de Lard Vain. Huitième jour: 10/12/2023.

 

Jour 8:
Le détail vaut pour le tout.

JC, novembre 2023, Jour 8, laine feutrée à l’aiguille, 5,5 x 6 cm.

Allez… un petit effort:
Avertissement: Les réalisations de la série « Le calendrier de Lard Vain » sont des interprétations ludiques et approximatives aux procédés improbables et inappropriés des œuvres d’art citées. Elles ne doivent en aucun cas être prises au sérieux.

À demain!

 

Le calendrier de Lard Vain. Septième jour: 09/12/2023.

 

Jour 7:
Même vu au microscope, le blanc est blanc.

JC, novembre 2023, Jour 7, laine feutrée à l’aiguille, 6 x 6 cm.

Vous n’avez pas trouvé… Je compatis:
Avertissement: Les réalisations de la série « Le calendrier de Lard Vain » sont des interprétations ludiques et approximatives aux procédés improbables et inappropriés des œuvres d’art citées. Elles ne doivent en aucun cas être prises au sérieux.

À demain!

Le calendrier de Lard Vain. Sixième jour: 08/12/2023.

 

Jour 6:
Le minimalisme en laine, j’adore!

JC, novembre 2023, Jour 6, laine feutrée à l’aiguille, 6 x 8,5 cm.

Vous restez perplexe:
Avertissement: Les réalisations de la série « Le calendrier de Lard Vain » sont des interprétations ludiques et approximatives aux procédés improbables et inappropriés des œuvres d’art citées. Elles ne doivent en aucun cas être prises au sérieux.

À demain!

Le calendrier de Lard Vain. Cinquième jour: 07/12/2023.

 

Jour 5:
Carrément!

JC, novembre 2023, Jour 5, laine feutrée à l’aiguille, 6 x 6 cm.

Vous n’êtes pas trop carré? Alors:
Avertissement: Les réalisations de la série « Le calendrier de Lard Vain » sont des interprétations ludiques et approximatives aux procédés improbables et inappropriés des oeuvres d’art citées. Elles ne doivent en aucun cas être prises au sérieux.

 

À demain!

 

La rentrée du vain si vain.

 

Avec toutes
ces doudouteries et ces tatouteries
on oublierait presque à quel point
Gertrude est une entreprise
bête, docte, pédante et absurde.

C’est la rentrée
et on ne résiste pas
à vous en mettre une petite couche
de l’art.
C’est vain si vain
mais c’est tellement bon…

JC, avril 2009, L’histoire du l’art, petite performance à partir de vieilles diapositives gravées publiée pour la première fois  le 3 octobre 2012 sur le blog de Gertrude (vous pouvez toujours chercher).

Cela fait exactement quatorze ans et huit mois que ce crâne vous fait la leçon
bande de cancres !

Serial Crâneuse.

Gertrude est toujours la première d’une longue série.

Toujours la même, même si…

La crâneuse en verra-t-elle la fin ?

JC, juillet 2017, La série des profils à motifs, aquarelle et crayon sur papier dessin, nombre évolutif, environ 12 x 10 cm.

 

 

JC, juillet 2017, La série des profils couleur os, dépôt de pigment aquarelle sur papier aquarelle gaufré en creux à l’aide d’un gabarit en forme de profil de Gertrude, nombre évolutif, environ 12 x 10 cm.

 

JC, juillet 2017, La série des profils gaufrettes, papier dessin gaufré en creux à l’aide d’un gabarit en forme de profil de Gertrude, nombre évolutif, environ 12 x 10 cm.

Cela fait exactement neuf ans et sept mois que Gertrude montre son meilleur profil en vous laissant croire qu’il est différent chaque jour, même si…

JC, juillet 2017, La série des têtes de Gertrude sur chutes, aquarelle sur chutes de papier aquarelles, nombre évolutif, environ 2 x 10 cm.

 

Os en réseau.

 

JC, mai 2017, Série des Embrouilles, troisième version ou Le RésOs, filaments de stylo 3D, 6 x 17 x 32 cm

Voici neuf ans et cinq mois, je créai un blog, autrement dit une sorte de journal intime absurde en ligne sur internet, potentiellement au vu et au su de tous. Ce blog concernait ma pratique plastique autour d’un crâne familièrement, facétieusement, affectueusement prénommé Gertrude. Mais bien plus que de faire part de ma pratique plastique il s’agissait d’intégrer cette mise en ligne à ma démarche. Et même d’en faire un des piliers majeurs. Cela en devint très vite le moteur et la raison d’être. Rythmes et rites s’instaurèrent dans l’exposition virtuelle de Gertrude, me contraignant à toujours pousser plus loin cette aventure et ne jamais déroger aux obligations que je m’étais données.

Dès les débuts de cette expérience, je m’interrogeai sur les rapports complexes qu’entretenaient réel et virtuel : entre la réalité du crâne et les images dématérialisées de Gertrude, les filtres et les mises en scène à travers lesquels je la donnais à voir en cet espace. Également sur le regard supposé voire fantasmé de l’autre invisible et potentiellement infini, des interactions souvent fulgurantes avec des interlocuteurs inconnus, parfois fugaces, parfois durables. Certaines débouchant même sur des rencontres dans le monde réel.

Très vite je jouai des potentialités de cette mise en ligne, des échanges qu’elle suscitait.

J’en nourris ma pratique : plutôt que de raconter une histoire autour de Gertrude, je laissai l’histoire se dérouler au gré des rencontres. Ces dernières alimentaient l’entreprise, dans une fausse idée de remplissage d’un creux de plus en plus vide. Le blog connut des périodes fastes et tumultueuses comme des temps calmes, voire des traversées du désert.

Internet est un océan. On peut y naviguer des mois entier sans rencontrer quiconque, puis brusquement débarquer sur une terre peuplée d’inconnus. La quête en devient infinie mais surtout insatiable.

Le concept du blog, n’échappant pas à l’obsolescence des objets virtuels, amène rapidement à la recherche d’autres voies d’information encore plus efficaces, mais encore plus véloces, encore plus éphémères.

C’est ainsi qu’en 2013, je passai aux réseaux sociaux pour y faire rouler mon crâne encore plus vite. D’abord Twitter que j’abandonnai rapidement puis enfin Facebook.

Pour la rapidité, la diffusion et la circulation des informations, la facilité d’établir des contacts, passer d’un blog à Facebook était comme passer de la conduite d’une 2CV à celle d’une Ferrari.

Ainsi Gertrude, du petit bonhomme de chemin s’est brusquement retrouvée sur un circuit supersonique.

Enfin, en théorie…

Facebook est un fleuve qui coule en continu à une vitesse vertigineuse, charriant toutes sortes d’objets hétéroclites ; les contacts se font avec une grande facilité et se défont tout aussi rapidement ; se mêlent vrais et faux amis, nouvelles et anciennes connaissances, vieilles réminiscences, rancœurs rances d’une autre époque et toutes sortes de malentendus.

Tout cela défile sous notre regard en même temps fasciné et indifférent.

Et surtout addicte.

Car recharger la page est un acte compulsif à la hauteur du sentiment de non-maitrise que nous ressentons face à ce flux. Le besoin d’y participer nous tenaille et il devient vite impérieux de partager aussi des « informations », d’alimenter cette chose insatiable quotidiennement, voire plusieurs fois par jour, de récolter à son tour un maximum de petits signes de reconnaissance ou de commentaires élogieux. Car aimer, « liker » est le maitre mot sur Facebook, aimer jusqu’à la perte de sens ; c’est juste au nombre d’émoticônes que la satisfaction se mesure, mais également la frustration. L’effet en est fugace, et s’évapore comme le souvenir de toute publication.

Rapidement le rythme gertrudien, le concept même de sa mise en ligne ne suffirent ni ne correspondirent plus à cette urgence ; force fut de constater ma tentation de publier, comme beaucoup, tout et n’importe quoi pour nourrir le monstre affamé et amnésique, et de déroger à mes premières résolutions, celle de montrer en ces lieux uniquement ma pratique plasticienne.

Gertrude, elle, est conçue pour fonctionner sur une rythme particulier ; celui d’une immobilité qui avance ; ou l’illusion d’une avancée. Depuis sa mise en ligne en 2008, l’expérience se construit comme une sculpture, selon la logique d’un « Merzbau » ou d’un « Palais idéal », pierre par pierre, poussant les murs mais assise sur une base unique et inébranlable, essentielle à sa compréhension.

D’où ce blog , ses espaces et ses lois si définis, son rythme immuable et la taxinomie incontournable à sa structuration.

 

Autant un blog est une construction relativement pérenne que l’on peut parcourir de la cave au grenier, autant Facebook est l’instantanée d’un temps dont il est impossible de remonter le fil.

Le crâne Gertrude y a plongé tant bien que mal, émergeant çà et là , dans une cacophonie de plus en plus assourdissante, dans une perte de sens encore plus folle.

Elle est vidée et vide. Elle flotte parmi les bribes de ce que je laisse paraître de moi et d’elle sans aucune ambition de revenir ni d’aller si ce n’est pousser toujours plus loin la vanité d’y être.

Rien n’était prévu, mais rien ne sera laissé au hasard…. Plus que jamais.

Juliette Charpentier, mai 2017