Os séant intérieur.

 

 

 

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Les souvenirs sont en nous ce qui empêche le monde de finir et lorsque l’on voit qu’il continue aussi hors d’eux, indifférent et mobile, coulant sans avidité sur ce qui fut et sera, un vertige se produit, qui a l’éclat de notre propre disparition.

 

 

Jean-Christophe Bailly, Le Dépaysement,

Seuil, 2011

 

 

 

 

 

 

Gertrude n’en finit pas de jouer les disparues.

3 ans, 9 mois de web

 

 

 

 

27 réflexions sur « Os séant intérieur. »

  1. Les souvenirs sont hors paysages . Ceux qui ne sont pas partagés disparaîtront avec notre départ final . Souvenir ,une contrée “invisible ” …A ne regarder qu’avec l’oeil de la pensée …

    Beaucoup de gravité en cette saison d’or flamboyant !….

                                          Chère Gertrude Noire  coîncidence ou complicité non concertée  que nos apparitions sur la toile presque en même temps ?

                                                                        votre Magicienne

  2. En effet, j’ai remarqué votre sortie sur cet immense voyageur virtuel et réel que fut Rimbaud.

    Je vous conseille vivement Bailly et son Dépaysement, si vous ne l’avez déjà lu… Mais que n’avez vous pas lu? 🙂

  3. Eh! bien non ! Je n’ai pas lu ce livre ….Je crois l’avoir croisé sur le rayon d’un libraire dans la vieille ville que vous savez  🙂

    Je ne lis plus autant …qu’auparavant . Il y a pas mal de mois qu’écrire sur Rimbaud me tentait ,mais la Tentation demandait un peu plus de damnation …Tellement peu aisé d’aborder un être pareil …Quand on aime ,on tremble toujours un peu …:)

  4. Oui, quelque chose de cet ordre… après avoir dépouillé l’objet de son sens, je veux aussi réduire à néant sa forme… absurde, totalement absurde… je ne sais pas ce que je cherche, et c’est bien pour cette raison que je le cherche. 

    Plus je relis la phrase de Bailly, moins je la comprends ; je me demande même si ce n’est pas une de ces phases belliqueuses, une de ces phrases qui perdure bien au-delà du simple souvenir… Il y a mille et une manières de prendre conscience de sa finitude, et aucune n’est la bonne.

  5. C’est un livre que l’on m’a offert avant l’été; incroyable le nombre de livres qu’on m’a offerts ces derniers temps! 🙂 et ils tombent toujours au bon moment.

    Le livre de Bailly est à savourer comme un voyage, et je crois que chacun y trouve son anse pour accoster.

  6. Tu as raison, c’est une phrase subjective, mais comme toutes les expressions subjectives, elle se met en miroir de la notre; l’incompréhension est une forme d’appproche. Cette phrase aborde l’incommensurable, c’est ce qui me plait.

  7. J’aime bien cette phrase, même si elle me perd, elle dit quelque chose sur un “indicible”, tout en n’en disant rien… Je peux ajouter : moins je la comprends, plus elle me parle. Sur l’instant je n’ai pas trouvé mieux que “belliqueuse”, et je doute que “glutineuse” convienne mieux… mais laissons là ces pinaillages…  à mon manque clarté, n’ajoutons pas la logorrhée… bien qu’il y aurait long à dire sur le babil du goret.

  8. Quelques faiblesses, tout de même… des facilités, une facticité, un formalise un peu affecté… je préfère de loin parler qu’écrire…

    Comment appel-ont ce truc que l’on éprouve lorsque nous recevons/offrons une chose, appelons-le, une chose, oui, ce truc, tu sais… mais chut ! il est par trop effrayant… il règne un saintanique bordel dans ma tête, peuplé de goules, de killeuses asiatiques, de philosophes chinois, d’orbes et d’ombres…

    Je n’ai pas un haut niveau de civilisation, je suis un peu rustre, comme on dit, brut de coffrage…

    J’aime bien nos différences… Là aussi il faut du temps, ici comme ailleurs… faire avec ce brique-broque de mots disparates… à la télé, il parle de syndrome, de pathologie… de pathologie et de patatologies,  d’excroissances herbeuses, d’enluminures toxicologiques,  de volutes phytosanitaires… toxique, tout est toxique… mais quelle horreur !!! Et vlan ! v’là qu’il nous balance un truc sur la face cachée du chocolat, monstrueux… la côte d’ivoire, histoire d’y voir… il ne sait pas, parle de marginalité… Mali, trafique d’enfants… etc., etc. je zap ! un polar, tension, il parle à mots cachés… zap ! La secte des morts vivants, et vlan ! « À mon avis la fête est finie », dit-il, et suit la musique qui va bien… il est question d’un plombier mais je n’ai pas suivi… « Est-ce que tu crois au pouvoir de l’âme humaine ? », demande-t-il à un micheton… zap ! une grosse gourde parle à une souris… zap ! Le Corbeau… miam ! Miam ! Savoureusement désuet, un peu compassé par moment,  génial à d’autres… sublimes photographies… c’est la fin… bande-annonce, ça va vite, tout va vite, si vite… je ne sais pas où je suis, un peu partout et nulle-part… je passe d’une chose à l’autre, frénétiquement, compulsivement… zap !

    Je ne sais mieux dire ce que je n’ai pas dit. 

    @pluche (j’aime les pluches, j’ai toujours aimé les p’luches…)

    Postmachin : j’ai bien aimé ton texte chez la seule et multiple Gertrude, là encore en contradiction avec l’intrépide et incorrigible pantouflard que je suis.

  9. Si tu parles encore mieux que tu n’écris, si ton ramage est encore plus beau que ton plumage, cher Krapoïdeux, je n’ose imaginer le festival; si, au contraire j’ose et j’imagine ta voix par delà les voies impénétrables du virtuel!

    Merci de tes coms et de tes coms-pliments. 🙂

  10.  

    Je n’ai pas dit meilleurs, je parle d’une préférence, de parler plutôt qu’écrire, écrire, écrire… de loin le pire, et qu’est-ce que cette chose, écrire ; je parle, cela me suffit, à quoi bon ajouté à cela un mode de communication primitif et laborieux, je parle, donc je suis, et cela me suffit…

    La parole, après le dessin, est mon premier mode de communication – le dessin étant le second –, ou l’inverse ; l’ordre ici ne souffre pas de l’hypothétique… tic-toc… Le refus parfois se transforme en résistance, la preuve… après un temps de réflexion, une autre approche prend forme, sur le temps, le temps qu’il fait, l’ambiance du moment, la couleur du ciel… est-ce là mon lieu, ma tanière, mon refuge… j’essaie l’écriture, après la parole et le dessin, j’essaie ça, écrire. Après un temps – un bon quart de siècle – où seule la parole et seul le dessin prévalait, j’ai capitulé, lâchement  cédé aux chants des sardines, et me voilà, ici-là-maintenant, à débité des âneries plus grosses que moi, moi, mon petit moi, mon tout petit moi, ici-là-quelque-part, microparticule bloggosphérique en orbite aléatoire autour de mon nombril.

    Je ne sais pas apprécier ce que j’écris, après un bref moment d’exaltation, ça retombe comme un vieux soufflé tout raté, tout pourri. Je me relis et je me dis : mais c’est quoi ce truc, d’où ça sort, du trou-du-cul d’une vache !

    Allez, à tantôt 🙂

  11. Dix mille fois moins bien, c’est vraiment le strict minimum 😉

    Voilà au moins un point commun, cette merveilleuse faculté à dénigrer ce que l’on écrit.

    Par différent, je n’entends pas nécessairement opposition ou désaccord, et je ne pense pas que nous soyons fondamentalement différents ou dissemblables… ça se joue sur des détailles, des singularités, des particularismes… comme : attendre… je ne sais pas attendre… peut-être un peu mieux aujourd’hui qu’hier… un peu mieux, guère mieux (l’âge, sans doute)… Je voulais écrire un texte sur l’attente, un “contre-point” à ton texte “Attendre”… après quelques tentatives – in-fructueuses –, je suis parti voir ailleurs… Partir, est-ce un traitre mot, une illusion, un atavisme, un mécanisme de survie… Partir, loin de tout ce cirque, embarqué sur l’Atalante ou le Queen Anne’s Revenge… Partir.

  12. “Qu’est-ce que le vertige ? La peur de tomber ? Mais pourquoi avons-nous le vertige sur un belvédère pourvu d’un solide grade-fou ? Le vertige, c’est autre chose que la peur de tomber. C’est la voix du vide au-dessous de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi.” (Kundera, L’Insoutenable Légèreté de l’être)

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