Aujourd’hui, cela fait exactement dix-huit ans que le crâne nommé Gertrude est en ligne sur Internet.
Après une enfance heureuse, insouciante et inconsciente, une adolescence tourmentée et acnéique, moultes amourettes virtuelles et quelques chagrins d’amour à mort, un certain nombre d’erreurs de jeunesse et de crises de croissance, de bonnes et mauvaises fréquentations qui lui ont apporté bonne et mauvaise réputation, un carnet d’adresses hétéroclite, des milliers de mots volatils, pléthore de jeu de mots douteux et de « je » de maux imaginaires, des psychodrames à hurler de rire et à n’en plus finir, Gertrude est enfin majeure.
Elle peut à présent s’affranchir des fantaisies louches d’une capitaine crâneuse, s’émanciper de ses obligations virtuelles, quitter le nid confortable des limbes d’Internet pour revenir à la sérénité du bibel’Os dans sa boite, à l’immobilité minérale de l’os, à la dignité de reste humain intouchable.
D’ailleurs Gertrude est-elle toujours Gertrude?
Elle a eu un avant, une vraie vie, il serait temps de le considérer…
Photographie numérique réalisée sans aucune intelligence artificielle si ce n’est celle des dix doigts d’une Crâneuse sans cervelle.
Et maintenant? Qu’en est-il de ce blog?
Ce blog va-t-il devenir une sorte d’album souvenir que chacun pourra feuilleter avec nostalgie?
Va-t-il poursuivre sa scansion du temps ou au contraire choisir de flotter dans l’incertitude de l’éternité?
Va-t-il perdurer à l’infini dans les couloirs d’Internet ou exploser dans l’espace pour ne laisser qu’une vague impression de déjà-vu?
Va-t-il flotter entre deux os?
Va-t-il devenir n’importe quoi ou le fourre-tout* des activités multiples d’une petite plasticienne de campagne?
Va-t-il battre le record du réseau social le moins fréquenté du monde?
La liste pourrait être longue…
En tout cas s’il y en a bien une qui s’en fiche c’est Gertrude.
Car maintenant Gertrude est majeure.
Rien n’était prévu mais rien ne sera laissé au hasard!
Bon vain!
*Vous pourrez toujours suivre l’évolution de mes activités plasticiennes sur le blog neutre de Juliette Charpentier.































