Serial Crâneuse.

Gertrude est toujours la première d’une longue série.

Toujours la même, même si…

La crâneuse en verra-t-elle la fin ?

JC, juillet 2017, La série des profils à motifs, aquarelle et crayon sur papier dessin, nombre évolutif, environ 12 x 10 cm.

 

 

JC, juillet 2017, La série des profils couleur os, dépôt de pigment aquarelle sur papier aquarelle gaufré en creux à l’aide d’un gabarit en forme de profil de Gertrude, nombre évolutif, environ 12 x 10 cm.

 

JC, juillet 2017, La série des profils gaufrettes, papier dessin gaufré en creux à l’aide d’un gabarit en forme de profil de Gertrude, nombre évolutif, environ 12 x 10 cm.

Cela fait exactement neuf ans et sept mois que Gertrude montre son meilleur profil en vous laissant croire qu’il est différent chaque jour, même si…

JC, juillet 2017, La série des têtes de Gertrude sur chutes, aquarelle sur chutes de papier aquarelles, nombre évolutif, environ 2 x 10 cm.

 

Os en réseau.

 

JC, mai 2017, Série des Embrouilles, troisième version ou Le RésOs, filaments de stylo 3D, 6 x 17 x 32 cm

Voici neuf ans et cinq mois, je créai un blog, autrement dit une sorte de journal intime absurde en ligne sur internet, potentiellement au vu et au su de tous. Ce blog concernait ma pratique plastique autour d’un crâne familièrement, facétieusement, affectueusement prénommé Gertrude. Mais bien plus que de faire part de ma pratique plastique il s’agissait d’intégrer cette mise en ligne à ma démarche. Et même d’en faire un des piliers majeurs. Cela en devint très vite le moteur et la raison d’être. Rythmes et rites s’instaurèrent dans l’exposition virtuelle de Gertrude, me contraignant à toujours pousser plus loin cette aventure et ne jamais déroger aux obligations que je m’étais données.

Dès les débuts de cette expérience, je m’interrogeai sur les rapports complexes qu’entretenaient réel et virtuel : entre la réalité du crâne et les images dématérialisées de Gertrude, les filtres et les mises en scène à travers lesquels je la donnais à voir en cet espace. Également sur le regard supposé voire fantasmé de l’autre invisible et potentiellement infini, des interactions souvent fulgurantes avec des interlocuteurs inconnus, parfois fugaces, parfois durables. Certaines débouchant même sur des rencontres dans le monde réel.

Très vite je jouai des potentialités de cette mise en ligne, des échanges qu’elle suscitait.

J’en nourris ma pratique : plutôt que de raconter une histoire autour de Gertrude, je laissai l’histoire se dérouler au gré des rencontres. Ces dernières alimentaient l’entreprise, dans une fausse idée de remplissage d’un creux de plus en plus vide. Le blog connut des périodes fastes et tumultueuses comme des temps calmes, voire des traversées du désert.

Internet est un océan. On peut y naviguer des mois entier sans rencontrer quiconque, puis brusquement débarquer sur une terre peuplée d’inconnus. La quête en devient infinie mais surtout insatiable.

Le concept du blog, n’échappant pas à l’obsolescence des objets virtuels, amène rapidement à la recherche d’autres voies d’information encore plus efficaces, mais encore plus véloces, encore plus éphémères.

C’est ainsi qu’en 2013, je passai aux réseaux sociaux pour y faire rouler mon crâne encore plus vite. D’abord Twitter que j’abandonnai rapidement puis enfin Facebook.

Pour la rapidité, la diffusion et la circulation des informations, la facilité d’établir des contacts, passer d’un blog à Facebook était comme passer de la conduite d’une 2CV à celle d’une Ferrari.

Ainsi Gertrude, du petit bonhomme de chemin s’est brusquement retrouvée sur un circuit supersonique.

Enfin, en théorie…

Facebook est un fleuve qui coule en continu à une vitesse vertigineuse, charriant toutes sortes d’objets hétéroclites ; les contacts se font avec une grande facilité et se défont tout aussi rapidement ; se mêlent vrais et faux amis, nouvelles et anciennes connaissances, vieilles réminiscences, rancœurs rances d’une autre époque et toutes sortes de malentendus.

Tout cela défile sous notre regard en même temps fasciné et indifférent.

Et surtout addicte.

Car recharger la page est un acte compulsif à la hauteur du sentiment de non-maitrise que nous ressentons face à ce flux. Le besoin d’y participer nous tenaille et il devient vite impérieux de partager aussi des « informations », d’alimenter cette chose insatiable quotidiennement, voire plusieurs fois par jour, de récolter à son tour un maximum de petits signes de reconnaissance ou de commentaires élogieux. Car aimer, « liker » est le maitre mot sur Facebook, aimer jusqu’à la perte de sens ; c’est juste au nombre d’émoticônes que la satisfaction se mesure, mais également la frustration. L’effet en est fugace, et s’évapore comme le souvenir de toute publication.

Rapidement le rythme gertrudien, le concept même de sa mise en ligne ne suffirent ni ne correspondirent plus à cette urgence ; force fut de constater ma tentation de publier, comme beaucoup, tout et n’importe quoi pour nourrir le monstre affamé et amnésique, et de déroger à mes premières résolutions, celle de montrer en ces lieux uniquement ma pratique plasticienne.

Gertrude, elle, est conçue pour fonctionner sur une rythme particulier ; celui d’une immobilité qui avance ; ou l’illusion d’une avancée. Depuis sa mise en ligne en 2008, l’expérience se construit comme une sculpture, selon la logique d’un « Merzbau » ou d’un « Palais idéal », pierre par pierre, poussant les murs mais assise sur une base unique et inébranlable, essentielle à sa compréhension.

D’où ce blog , ses espaces et ses lois si définis, son rythme immuable et la taxinomie incontournable à sa structuration.

 

Autant un blog est une construction relativement pérenne que l’on peut parcourir de la cave au grenier, autant Facebook est l’instantanée d’un temps dont il est impossible de remonter le fil.

Le crâne Gertrude y a plongé tant bien que mal, émergeant çà et là , dans une cacophonie de plus en plus assourdissante, dans une perte de sens encore plus folle.

Elle est vidée et vide. Elle flotte parmi les bribes de ce que je laisse paraître de moi et d’elle sans aucune ambition de revenir ni d’aller si ce n’est pousser toujours plus loin la vanité d’y être.

Rien n’était prévu, mais rien ne sera laissé au hasard…. Plus que jamais.

Juliette Charpentier, mai 2017

Gertrude si Ubu si Rrose

 

Cela fait six ans et dix mois

que Gertrude se trouve

dans une situation virtuelle ubuesque

 

Gertrude si Ubu si Rrose

Ubu-Gertrude 2,

tirage linogravure encre noire sur papier rose,

8 x 10 cm

 

 

 

 

Less is mort*

 

 

IMG-copie-1.jpg

 

Gertrude

Toujours plus

depuis trois ans et onze mois

 

 

 

* « Less is more » Mies van der Rohe

 

 

 

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Gertrude à l’époque de sa reproductibilité technique*

imp2

  JC, Gertrude tapisse Marcel, brie-collage numérique.

 

 

Nous sommes le dernier Neuf de Dix et Gertrude continue à faire tapisserie

Pourtant elle est aussi belle

qu’un Porte-bouteilles*

 

 

 

 

 

*W. Benjamin, L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique

 


 

 

Si l’art se débarrassait de l’illusion de la durée, s’il intégrait son caractère éphémère
par sympathie pour le vivant éphémère, ce ne pourrait être qu’en vertu d’une conception de la vérité qui ne s’acharne pas à considérer celle-ci comme abstraite, mais prend conscience de son moyen temporel

 

Theodor Adorno, Théorie esthétique

 

 

 

*Article ready-made

  (Trouvé, par le plus grand des hasards qui n’en est pas un sur un site appeau-névrotique)  


Onze pointé: 11 Fois Blog!

Performance*!

Onze  Points

d’audience

pour

Onze  Mois de  Web.

*Onze Petites Fientes Ovoïdales Nombrilistes pour une nouvelle Performance du MNO.

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