Trois os aux confins.

En ce trois avril de mille vains
j’aurais pu encore une fois
tourner autour d’un Os vide
et inventer quelques jeux de maux laids
aux confins de tous les confinements
et des interprétations des Je confinés

J’ai préféré faire le tour de mes aîtres
et dessiner

Dessiner
c’est juste se concentrer
sur un simple dessein
sans que cela soit le Destin

Cela fait douze ans et trois mois
que Gertrude assure
la continuité Osmagogique
de la distanciation Osciale :
Restez chez vous!
Confinez-vous
dans la contemplation de l’os
Perdez-vous
dans son univers virtuel labyrinthique.

Dessins autour de mes êtres et des petits rien de mon jardin. Crayon, fusain, aquarelle

Gertrude au charbon.

Douze ans et deux mois
il est temps
de remettre l’Os au charbon

Photographie noir et blanc où nous voyons au premier plan, éparpillées sur une surface grise, quelques esquisses au fusain représentant le crâne Gertrude, trois crayons de fusain et une estompe. Au deuxième plan, posée sur la même surface à gauche, nous reconnaissons Gertrude vue de trois quart dos. Reflétant la face du crâne et une part de la silhouette de la crâneuse photographe ainsi que la porte fenêtre située derrière elle, source de lumière, la petite vitrine entrouverte dans laquelle Gertrude est rangée habituellement à l’abri de la poussière. Enfin à droite de l’image au fond, une autre porte fenêtre dont les vitres jouent également à refléter la lumière et dont la poignée en porcelaine rappelle une des industries traditionnelles du Limousin.

UNE et tri sans chair*.

Il y a de cela onze ans et dix mois
j’eus l’idée sans queue ni chair
(mais avec tête)
de faire de Gertrude
la plus traitresse des images*

Photographie numérique retravaillée en noir et blanc et recadrée, montrant une installation composée ainsi : Une chaise de l’ébéniste Michael Thonet vue de manière frontale, placée sur un plancher de bois brut et adossée à un mur de pierre blanchi à la chaux. Sur l’assise de la chaise est posé un crâne humain, celui de Gertrude, positionné de trois-quarts dos, et sur son dossier, face à nous est collée une feuille de papier blanc rectangulaire de format allongé et horizontal sur laquelle sont imprimés en majuscule et en police Arial taille 80 les mots « CONCEPT CHAIR »*. À gauche de la chaise, face à nous, est accrochée sur le mur l’impression sur papier glacé au format presque carré d’une photographie numérique couleur représentant le crâne de Gertrude dans la même position que le crâne posé sur la chaise. En bas de la photographie, et dépassant légèrement de chaque côté, est collée une bande de papier dessin blanc sur laquelle est tracée en lettres cursives au crayon à papier 6B la phrase « Ceci n’est pas un crane »* ; l’accent circonflexe sur le mot « crane » semble avoir été oublié, ou, s’il n’a pas été oublié, le terme joue alors de l’ambiguïté entre le mot « crâne » et le mot anglais « crane » qui signifie « grue ». À droite de la chaise, face à nous, est fixée au mur dans le sens horizontal une feuille de papier blanc rectangulaire sur laquelle est imprimé un texte concernant la place de Gertrude dans la pratique plastique de Juliette Charpentier. La première ligne est imprimée en police Arial taille 72, les suivantes sont de taille décroissante de 48 à 12, ce qui rend le texte peu lisible dans sa totalité. L’ensemble de l’installation ne paraît répondre à aucune rigueur mathématique : la ligne de séparation entre le plancher et le mur n’est pas horizontale, la chaise n’est pas vraiment parallèle au mur, le crâne est de travers, les feuilles de papier penchent.

 

*Encore quelques références capillotractées, même si Gertrude n’a pas un poil sur le caillou.

 

Gertrude, Éphémère devant l’Éternel.

Cela fait dix ans et deux mois
que Gertrude a toute l’éternité
pour être éphémère*.

*Jusqu’au déménagement de son étagère ce sera inventaire dérisoire et mise à l’os.

 

Photographie non contractuelle avec la complicité de Benjamin Vautier et de ses produits dérivés à l’insu de son plein gré.