L’appât du Vain

Étant donnés*1

Son récent changement de cadre
Son prochain départ
des cadres institutionnels

La chute*1 d’os du revenez-y
de ses actions virtuelles

La baisse programmée de ses revenus
Le prix du gaz*1 et de l’éclairage*1

La Crâneuse
jusqu’ici dans le cas d’os non mercantile
décide de donner un cadre à ses desseins
pour se lancer dans le commerce*2 du vain.

L’heureux et inconscient acquéreur*3
d’un dessin de Juliette
se verra offrir le cadre improbable
ready-made*1

choisi avec tsoin-tsoin
et qui va avec

*1 Décidément Duchamp n’est jamais loin Deschamps.
*2 A prix modique (mode hic) et mode aérée afin d’arrondir ses faims de Moi.
*3 Juliette Charpentier sollicite l’avis de ses interlocuteurs sur le juste prix (pris ou pas pris) de ses petites créations.

Profil de Gertrude, graphite sur papier dans son cadre en pur plastique made in China chiné avec soin par une crâneuse.
20 x 17 cm.

Cela fait onze ans et neuf mois
que Juliette crâne à dessein
sur le Web

 

Étude de légumes du jardin au crayon aquarellable sur papier dans un cadre bois chiné avec soin par une crâneuse. 20 x 15 cm.

Air de Corrèze ou Deschamps du signe.

Voici un an
la Crâneuse enfilait son marcel
et troquait l’Air de Paris*
pour celui de Cœur Aise
au milieu Deschamps

Et encore une fois le hasard fait signe

 

* Référence à l’œuvre de Marcel Duchamp, Air de Paris, 1919

Et n’oubliez pas
 que Gertrude
perfuse en ces lieux
un peu de vanité virtuelle
depuis onze ans et huit mois

JC, aout 2019, Air de Corrèze (dans son ampoule de vert) in Gertrude comme Marcel, parce que Duchamp est inimitable, ampoule de sérum physiologique en verre de 125cc trouvée au fond du petit moulin Deschamps, futur atelier de la Crâneuse, étiquette d’origine et petite photographie numérique de la tête de Gertrude,
4 x 22cm.

Gertrude enchaîne.

Ou tentative de connecter Gertrude à sa nouvelle réalité:

La Crâneuse peint l’Os sur lame
et tente ainsi d’en saisir
l’image volatile sur une surface tangible
Rien de tel que du chêne
pour prendre pied dans le réel
tout en restant artificielle

JC, avril 2019, L’Os sur lame,
peinture acrylique sur chute de lame de parquet en chêne, peinture diamètre 4 cm sur support 12 x 36 cm .

Cela fait exactement onze ans et quatre mois que Gertrude est en chantier
et que La Crâneuse
fait de la réalité une fiction
et de la fiction une réalité.

 

Peinture à l’Os

 

C’est la rentrée :
Reprenant les notions à la base de l’Os,
la Crâneuse promet de s’appliquer
tout en cultivant
une certaine économie de moyens.

JC, septembre 2018, La Peinture à l’Os, pastilles de peinture gouache modifiées, boite en plastique de récupération, 23 x 10 x 2 cm.

Cela fait exactement dix ans et huit mois
que Gertrude
reste simple
dans les situations compliquées.

La vain-ture à l’Os
c’est bien plus rigolo
que le vin chu dans l’huile.

Serial Crâneuse.

Gertrude est toujours la première d’une longue série.

Toujours la même, même si…

La crâneuse en verra-t-elle la fin ?

JC, juillet 2017, La série des profils à motifs, aquarelle et crayon sur papier dessin, nombre évolutif, environ 12 x 10 cm.

 

 

JC, juillet 2017, La série des profils couleur os, dépôt de pigment aquarelle sur papier aquarelle gaufré en creux à l’aide d’un gabarit en forme de profil de Gertrude, nombre évolutif, environ 12 x 10 cm.

 

JC, juillet 2017, La série des profils gaufrettes, papier dessin gaufré en creux à l’aide d’un gabarit en forme de profil de Gertrude, nombre évolutif, environ 12 x 10 cm.

Cela fait exactement neuf ans et sept mois que Gertrude montre son meilleur profil en vous laissant croire qu’il est différent chaque jour, même si…

JC, juillet 2017, La série des têtes de Gertrude sur chutes, aquarelle sur chutes de papier aquarelles, nombre évolutif, environ 2 x 10 cm.

 

Jeanne et Baptiste

 

Cela fait sept ans et sept mois

que la Crâneuse

prend Gertrude comme prétexte

pour faire exception

 

Jeanne et Baptiste

 

 

C’est à ce moment là que j’ai pu également découvrir les deux documents glissés entre les pages. L’un est une photographie de groupe datant des années d’École Normale de ma grand-mère. Dans un alignement de jeunes filles sages, il est possible de reconnaître ma grand-mère Jeanne la deuxième en haut à gauche et au premier plan complètement sur la droite sa meilleure amie Marguerite qui est aussi la sœur de Baptiste. L’autre est une carte postale reproduisant un tableau de Jean-Baptiste Corot, un des rares paysages tourmentés du peintre. Elle est adressée à Jeanne. Le texte est celui d’un jeune homme, Baptiste qui ne cache pas ses sentiments pour la meilleure amie de sa sœur ainée Marguerite ; il a cinq ans de moins qu’elle. Une évidence se tisse entre ces trois témoignages, entre le cahier, la photographie et la carte postale, une histoire simple et belle, l’histoire d’une vie commune basée sur l’amour et que seule la mort a pu défaire. Le cahier raconte les menues tranches de vie insignifiantes et précieuses de cette vie heureuse ; Sur la photographie le visage de Jeanne exprime tout le sérieux et l’engagement de la jeune institutrice dans le métier auquel elle a consacré sa vie. Sa tête légèrement penchée, quelques mèches de cheveux qui s’échappent laissent entrevoir la rêverie et le romantisme ; ceux-là mêmes qu’elle garda toute son existence, qui auraient pu passer pour de la mièvrerie et qui transparaissent dans ses écrits autant attachés à raconter les petits riens de son existence, l’éclosion des fleurs, le pépiement des oiseaux que les histoires lourdes de son héritage familial.

La carte postale et les quelques lignes écrites à son verso préfigurent  toute la vie d’admiration de Baptiste pour Jeanne en miroir des mots écrits par ma grand-mère à la fin de sa vie.

 

 

Juliette Charpentier, Le Cahier de Jeanne, 2015 (extrait)

 

 

 Gertrude écrit et la Rose brode

 

Le jardin Pulmon’air n°6 ou jardin Pulmon’air cloche

 

D’un air qui dénote

le vain de l’Avent

et détonne en carillonnant

Gertrude sonne les cloches

et tinte du vain

en l’honneur des cloches

qui grelottent dans le vent

 

Le jardin Pulmon'air n°6 ou jardin Pulmon'air cloche

JC, novembre 2014, Le jardin Pulmon’air de Gertrude n°6 ou Le jardin Pulmon’air cloche.

Ventouse pulmonaire achetée à la Communauté Emmaüs, mousse polyéthylène, feutrine noire, fil de métal noir, épingles d’entomologie, fils de coton, grelots dorés et argentés, impressions de photographie numérique sur papier.

Hauteur : 7,5cm, diamètre : 6,5cm.

 

Cela fait six ans et onze mois

que Gertrude fait la cloche sur Internet

 

Le vain de l’Avent souffle aussi chez Gertrude et Gertrude rose